Une première hausse des taux d’intérêt européens n’est pas à exclure cette année : qu’est-ce que cela signifie pour votre argent ?

Suite à la réunion sur les taux d’intérêt de la Banque centrale européenne jeudi, la Deutsche Bank et Goldman Sachs sont convaincus que la BCE annoncera une première hausse des taux d’intérêt en septembre. Qu’est-ce que cela signifierait pour votre argent ?

Pourquoi est-ce important ?

La politique monétaire de la BCE peut avoir des conséquences importantes sur votre situation financière. Cette politique n'a pas seulement un impact sur les marchés boursiers, mais aussi sur les prêts et l'épargne.

Lors de sa dernière explication sur les taux d’intérêt, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, n’a plus affirmé qu’une augmentation des taux d’intérêt était peu probable cette année. Elle a noté que l’inflation restera à des niveaux élevés pendant plus longtemps que prévu. L’une des façons pour les banques centrales de lutter contre l’inflation est de relever les taux d’intérêt. Avec des taux d’intérêt plus élevés, moins d’argent circule dans l’économie réelle, ce qui réduit l’inflation. Des taux d’intérêt plus élevés encouragent les gens à épargner ou à investir dans des actifs à revenu fixe.

La Deutsche Bank et Goldman Sachs s’attendent à ce que la BCE relève ses taux d’intérêt pour la première fois en septembre. Le marché monétaire s’attend à ce que le régulateur augmente les taux de dépôt de 10 points de base à quatre reprises cette année. Actuellement, le taux de dépôt est de -0,5 %. Cela signifie que les banques doivent payer des intérêts lorsqu’elles déposent leur argent à Francfort.

Les investisseurs en actions partagent la responsabilité

Mais qui sont les gagnants et les perdants d’une hausse des taux d’intérêt ? Pour commencer, les investisseurs en actions ressentent déjà l’impact d’une éventuelle hausse des taux d’intérêt. Après tout, la volatilité règne actuellement sur les marchés boursiers. La crainte d’une hausse des taux d’intérêt se manifeste à chaque instant, ce qui se traduit par des tableaux en rouge. Il ne faut pas oublier que la Réserve fédérale, l’homologue américaine de la BCE, envisage déjà de relever les taux d’intérêt en mars, et jusqu’à 5 fois en deux ans.

Les valeurs technologiques sont les plus touchées par la hausse des taux d’intérêt. Un taux d’intérêt plus élevé signifie que les bénéfices futurs de ces entreprises, calculés à rebours, sont plus faibles. En outre, les investisseurs préfèrent les actifs à revenu fixe, tels que les obligations, lorsque les taux d’intérêt sont en hausse.

Mauvaise nouvelle pour les emprunteurs

La hausse des taux d’intérêt constitue également un revers pour les emprunteurs. Jusqu’à présent, ils bénéficient de conditions particulièrement favorables lors de la souscription d’un prêt. Ainsi, les personnes qui contractent un prêt hypothécaire peuvent encore facilement obtenir un taux inférieur à 2 % pour un prêt sur 25 ans. Selon le baromètre des taux d’intérêt d’Immotheker, le taux d’intérêt pour ce type de prêt est de 1,82 %, avec une quotité (rapport entre la valeur actuelle du logement et le montant du prêt) comprise entre 80 et 100 %.

Les taux d’emprunt sont susceptibles d’augmenter avant même que la BCE n’annonce sa première hausse de taux. Les banques se basent, entre autres, sur les taux d’intérêt à long terme pour déterminer le prix des prêts (à long terme). Ce taux d’intérêt est maintenu artificiellement bas par la politique de rachat de l’organisme de réglementation.

Mme Lagarde a toutefois déclaré que la BCE n’avait pas décidé d’accélérer son programme de relance. La banque centrale réduira très progressivement ses achats d’obligations, de quelque 80 milliards d’euros par mois au quatrième trimestre 2021 à 20 milliards à partir d’octobre 2022. En d’autres termes, les crédits ne deviendront pas soudainement beaucoup plus chers.

Les épargnants devront être patients

Normalement, la première hausse des taux d’intérêt n’interviendra que lorsque la BCE aura commencé à réduire son programme d’achat. D’ici là, et probablement pour un certain temps encore, les épargnants devront se contenter de taux d’épargne extrêmement bas. Dans notre pays, la plupart des banques offrent un taux d’épargne de 0,11 %, voire moins.

D’ailleurs, les banques augmenteront le prix des prêts avant d’augmenter les taux d’épargne. La conversion des dépôts d’épargne en prêts reste l’une des principales sources de revenus des banques. Ils vont donc d’abord essayer d’augmenter les marges bénéficiaires de ce modèle économique. Par le passé, plusieurs banques ont déjà critiqué le taux d’épargne minimum car il pèse sur leurs marges bénéficiaires.

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