‘Une occasion manquée’ : les experts attendaient des décisions plus fermes de la part du CNS

Il n’aura pas fallu bien longtemps pour que les critiques s’abattent sur le Conseil national de sécurité et ses décisions. Si de nouvelles mesures ont bien été prises, elles ne vont pas assez loin pour de nombreux experts.

Marc Van Ranst (KUL), Emmanuel André (KUL), Pierre Van Damme (UAntwerpen) et même Yves Coppieters (ULB), d’habitude mesuré, cachaient difficilement leur stupéfaction quant aux mesures décidées.

Une question de temps

Face à une possible deuxième vague, ‘une question d’une semaine ou deux’ selon Marc Van Ranst, ils attendaient tous des mesures plus strictes, plus précises.

Notamment autour de la décision de maintenir la bulle de contact à 15 personnes (hors famille). ‘Malgré les recommandations du Celeval, on a choisi de garder la bulle de 15 personnes et de ne pas la ramener à 10, alors que cela aurait constitué un signal fort’, fustige le virologue. Il ajoute sur son compte Twitter: ‘Si les politiciens ont encore plus peur de l’électeur que du virus, les opportunités d’intervention vigoureuse sont manquées.’

Pour le recteur de la KUL, Luc Sels, dont les propos ont été rapportés par Emmanuel André, il s’agit ni plus ni moins d’une ‘occasion manquée’. Pour lui, on en viendra de toute façon à des mesures plus strictes ‘la semaine prochaine’, même s’il ‘espère se tromper’.

Pierre Van Damme est le plus direct dans ses propos sur le plateau de VTM Nieuws: ‘Sophie Wilmès a opté pour la méthode douce, mais nous avons peu de temps, et nous allons encore devoir courir un marathon pendant un an et demi.’ Il ajoute: ‘La guerre n’est pas encore terminée’, l’épidémiologiste craint qu’on en arrive à des méthodes de confinement.

Les communes manquent de données

Enfin Yves Coppieters pointait du doigt le testing sur le plateau de la RTBF, ‘dont on ne parle pas’ et qui devrait être pris en charge au niveau local. Un niveau local qui a vu ses prérogatives augmenter.

Mais avec quels moyens d’analyses ? Les communes ne disposent pas des données du Fédéral et des entités fédérées (Communautés et Régions). Pour Maxime Prévot, président du cdH et bourgmestre de Namur, leur seul moyen d’agir est la prévention. Car, comment les bourgmestres pourraient-ils savoir que tel quartier de leur commune ou tel événement fait figure de nouveau cluster ? Les communes avancent à l’aveugle. Elles pourraient pourtant être amenées à procéder à des confinements ciblés.

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