Une frégate russe navigue en mer Baltique avec son système de suivi désactivé


Principaux renseignements

  • Une frégate russe a provoqué l’OTAN en naviguant dans la mer Baltique avec ses systèmes de suivi désactivés.
  • Vladimir Poutine a menacé de riposter de manière symétrique aux interceptions occidentales de navires russes.
  • Les services de renseignement avertissent que ces mouvements navals laissent présager une éventuelle guerre hybride contre les alliés dans la mer Baltique.

Un navire de guerre russe de pointe, l’Admiral Kasatonov, a récemment été repéré près de l’île allemande de Fehmarn, en mer Baltique. Selon un article paru dans The Telegraph le 17 août, c’est la deuxième fois en peu de temps qu’un navire russe fait son apparition dans cette région stratégique.

La frégate aurait navigué dans ces eaux avec son système de suivi désactivé, rendant sa position exacte incertaine lundi après-midi.

Rhétorique de plus en plus virulente

Ce déploiement naval fait suite à la rhétorique agressive de Vladimir Poutine. Ce dernier a averti que la Russie prendrait des mesures de rétorsion contre toute tentative de l’Union européenne ou du Royaume-Uni d’intercepter des navires liés à la Russie.

Le président russe a qualifié ces saisies de vol et a déclaré que la Russie se verrait contrainte de réagir de la même manière. Dmitri Medvedev a renforcé ces menaces en affirmant que la Russie avait le droit d’attaquer les navires marchands de pays hostiles si, selon Moscou, ceux-ci transportaient des marchandises destinées à ses adversaires.

Importance des détroits danois

Le lieu de l’observation revêt une importance hautement stratégique, Fehmarn étant situé à proximité des détroits danois. Ce couloir étroit constitue la principale liaison entre la mer Baltique et l’océan Atlantique, jouant ainsi un rôle de point de transit vital pour la flotte russe.

La présence du navire de guerre dans cette zone, où il est facilement surveillé par les alliés de l’OTAN, est considérée comme une provocation délibérée.

La bataille autour de la « flotte fantôme »

Les tensions se sont intensifiées alors que les pays occidentaux se concentrent désormais sur la « flotte fantôme » russe, un ensemble d’environ 700 pétroliers obsolètes utilisés pour contourner les sanctions pétrolières.

Le Royaume-Uni a déjà imposé des sanctions à près de 600 de ces navires, qu’il considère comme la principale source de financement des armes russes. Parmi les opérations militaires récentes, on peut citer l’abordage du Smyrtos par des commandos de la Royal Marine britannique et la saisie du Tagor par les autorités françaises dans l’océan Atlantique.

Capacités de l’Admiral Kasatonov

L’Amiral Kasatonov est une frégate de type Projet 22350 très avancée, mise en service en 2020 pour des opérations anti-sous-marines et des frappes à longue portée. Ce navire de 4 500 tonnes est équipé d’un canon de 130 mm, de missiles de défense aérienne Redut et d’un hélicoptère Ka-27.

Il se distingue notamment par ses systèmes de lancement vertical capables de déployer des missiles de croisière Kalibr, des missiles antinavires Oniks et le missile hypersonique Zircon, bien que l’armement spécifique embarqué lors de cette mission reste inconnu.

Inquiétudes concernant la guerre hybride

Ce déploiement coïncide avec des alertes de sécurité plus générales émanant des services de renseignement américains, qui suggèrent que la Russie pourrait planifier une guerre hybride contre les États baltes et la Pologne. De telles opérations pourraient potentiellement impliquer des manœuvres sous faux pavillon ou le sabotage d’infrastructures essentielles le long de la frontière orientale de l’OTAN. (lv)

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