Un singe d’Elon Musk joue aux jeux vidéo par télépathie: ‘Nous pourrons bientôt faire marcher les paraplégiques’

Le macaque de 9 ans a réussi à jouer à Pong avec son cerveau. (Youtube – Neuralink)

Ce n’est pas le projet le plus connu d’Elon Musk, mais il semble pourtant très bien se porter. Depuis 2017, l’entrepreneur tente, via sa société Neuralink, de créer des interfaces cerveau-machine pour connecter les humains et les ordinateurs. Pour l’instant, les tests ont lieu sur des animaux. Après l’avoir annoncé il y a plusieurs mois, l’entrepreneur le prouve avec une vidéo: il a réussi à permettre à un singe de jouer aux jeux vidéo avec son cerveau.

En 2019, Elon Musk avait déjà déclaré que son équipe avait réussi à permettre à un singe de contrôler un ordinateur avec son cerveau. A l’été 2020, il avait fait une démonstration en vidéo de son implant, installé dans le cerveau d’un cochon. Au début de cette année, l’entrepreneur d’origine sudafricaine en avait remis une couche, annonçant que Neuralink avait permis à un singe de jouer aux jeux vidéos.

Après les discours, les preuves. Neuralink vient de publier une vidéo où l’on voit un macaque de 9 ans – appelé « Pager » – jouer à deux jeux vidéo, dont le très populaire Pong. L’animal manie d’abord un joystick avec une main et obtient un smoothie en guise de récompense. Ensuite, il parvient à jouer sans joystick, contrôlant uniquement le jeu avec son cerveau et la puce qui lui a été implantée.

Neuralink indique que Pager a reçu sa puce six semaines avant le tournage de la vidéo. On lui a d’abord appris à jouer à l’aide d’un joystick. Pendant ce temps-là, le dispositif enregistrait des informations sur l’activité cérébrale du macaque, afin d’apprendre les régions de son cerveau qui s’activaient en fonction des mouvements de sa main. Les schémas appris, le joystick a été déconnecté de l’ordinateur. Et le singe a continué à jouer, contrôlant les jeux via les signaux cérébraux relayés par la puce.

A quoi ça sert ?

Certains trouveront la vidéo amusante, d’autres effrayante. Encore faut-il connaître les réelles visées de Neuralink avec ce type d’expérience. Un des objectifs poursuivis par les chercheurs est de permettre à des Péronnes de contrôler un membre artificiel avec leur cerveau, grâce à la puce.

Dans un tweet, Elon Musk a déclaré que ‘le premier produit Neuralink permettra aux personnes paralysées de contrôler un smartphone plus rapidement qu’une personne qui utilise ses pouces’. Les versions ultérieures pourront permettre aux paraplégiques de marcher à nouveau, a-t-il ajouté.

D’après plusieurs spécialistes du sujet, permettre à un singe de jouer aux jeux vidéo par télépathie n’est pas une première. Des expériences similaires ont déjà abouti en 2002. Mais il s’agit déjà d’une étape importante et nécessaire à Neuralink en vue d’accomplir ses ambitieux – et, pour le coup, inédits – objectifs finaux. De plus, rien que sur le plan des primates gamers, l’entreprise d’Elon Musk s’est tout de même démarquée des prouesses réalisées par le passé.

‘Ce qui est vraiment nouveau et innovant, c’est qu’il n’y a pas de câbles qui traversent la peau, et que les signaux du cerveau sont tous envoyés sans fil. Pour moi, c’est là l’avancée, et elle est importante à la fois pour améliorer la sécurité des applications humaines (les fils à travers la peau sont une voie potentielle d’infection) et pour améliorer le bien-être des animaux utilisés dans les études neuroscientifiques. L’équipe de Neuralink a définitivement progressé à cet égard’, a souligné le professeur Andrew Jackson, expert en neurosciences à l’université de Newcastle, interrogé par Business Insider.

Sur le même sujet: