Un ex-dirigeant d’Uber: ‘Des milliards ont été gaspillés dans les voitures autonomes’

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Bill Gurley, l’un des premiers investisseurs de l’application de taxi Uber, regrette les milliards que la société a investis dans les voitures autonomes. Une bataille qu’Uber est en train de perdre face au géant technologique Alphabet.

Qui enverra sur les routes la première voiture entièrement autonome? Cette bataille semble toucher à sa fin, alors que Waymo dispose désormais de plusieurs taxis de ce type en circulation dans le cadre d’un projet pilote. Mais pendant longtemps, Uber se battait corps et âme dans cette course pour atteindre le Graal du secteur automobile, avant que la firme ne jette finalement l’éponge en 2020 et ne vende son projet de véhicule autonome à Aurora.

Bill Gurley, qui a fait partie du conseil d’administration d’Uber pendant plusieurs années par le biais de sa société d’investissement Benchmark Capital, regrette aujourd’hui cette stratégie. Gurley a travaillé de 2011 à 2017 sur le projet ATG (Advanced Technology Group), l’unité de voiture autonome d’Uber, mais rétrospectivement il ne ferait plus les mêmes choix.

‘Nous aurions peut-être mieux fait d’investir dans Uber Eats’

‘Nous aurions peut-être mieux fait d’investir dans Uber Eats les milliards que nous avons injectés dans l’ATG’, a déclaré Bill Gurley au journaliste Eric Newcomer dans son bulletin d’information. ‘Nous avons brûlé au moins 2,5 milliards, alors que nous aurions pu les mettre dans Uber Eats. Mais c’était aussi un grand risque à l’époque d’investir dans la livraison.’

Il est facile de comprendre pourquoi les voitures autonomes semblent être la recette du succès pour une entreprise comme Uber. Pas de chauffeurs signifie des économies substantielles sur la masse salariale. Mais c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire.

Depuis la création de l’ATG, les problèmes se sont succédé. Uber a chipé son ingénieur en chef chez Google, ce dernier emportant dans ses bagages quelques secrets industriels. Reconnu coupable, l’homme a finalement été gracié par le président Trump, peu avant la fin de son mandat. La firme avait également dû déplorer un accident mortel, le premier impliquant un véhicule autonome.

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