Un dollar fort pourrait plonger l’Asie dans une nouvelle crise financière

Jim O’Neill, un ancien économiste de Goldman Sachs, déclare dans une interview accordée à Bloomberg qu’un dollar (trop) fort pourrait provoquer une crise financière en Asie, comme dans les années 1990.

Le yen japonais s’en rend compte. Actuellement, vous payez environ 133 yens pour un dollar américain. En début de semaine, le taux est même brièvement tombé à 134 yens, son point le plus bas depuis 2002. Par rapport au billet vert, la monnaie a chuté de près de 15 % depuis début mars. Selon M. O’Neill, l’économie asiatique pourrait connaître des difficultés si le taux de change tombe encore plus bas, à 150 yens. Il n’exclut pas une nouvelle crise financière dans la région, comme dans les années 1990.

Le dollar a le vent en poupe

Le dollar américain a le vent en poupe en raison des récentes hausses de taux d’intérêt de la Réserve fédérale. En effet, ces augmentations rendent à nouveau intéressant d’investir dans les titres de créance américains. Par exemple, le taux d’intérêt américain à dix ans se situe actuellement à un peu plus de 3 %.

Mais alors que de nombreuses banques centrales suivent les traces de la Fed, la Banque du Japon a choisi de ne pas décharger sa politique monétaire accommodante pour aider à financer les ambitions de dépenses du Premier ministre japonais, Fumio Kishida. Le régulateur s’entête à maintenir les taux d’intérêt à -0,1 %. Le président Haruhiko Kuroda a déjà laissé entendre que cela ne changerait pas pour le moment.

Le gouvernement et la banque centrale du Japon ont déclaré vendredi dans un communiqué commun qu’ils étaient préoccupés par la forte baisse du yen. Ils ont ajouté que des interventions sur le marché des changes sont possibles pour soutenir la monnaie.

La réponse de la Chine

Mais si le yen continue à s’affaiblir, la Chine pourrait intervenir en dévaluant davantage le yuan à son tour, entraînant une réaction en chaîne de monnaies faibles dans toute la région. Dans une interview accordée à Bloomberg, M. O’Neill fait la comparaison avec les années 1990. A cette épqoque, l’Asie a été confrontée à une crise financière après l’effondrement du baht thaïlandais.

« Si le yen continue de s’affaiblir, la Chine y verra un avantage concurrentiel déloyal, les parallèles avec la crise financière asiatique sont donc parfaitement clairs », a déclaré l’ancien économiste de Goldman Sachs. « La Chine ne voudrait pas que cette dévaluation des monnaies menace son économie ».

« Si la Banque du Japon (BoJ) s’en tient à contrôler les courbes de taux d’intérêt, un dollar fort pourrait donc causer de sérieux problèmes à Pékin », conclut-il.

(NS).

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