L’Ukraine rêve toujours d’Union européenne, mais il n’y aura aucun traitement de faveur

Alors que son président est en déplacement à Washington pour son premier voyage d’État depuis l’invasion, le gouvernement ukrainien met en avant les efforts accomplis pour conformer le pays aux attentes de l’Union européenne en vue d’une adhésion. Mais celle-ci ne lui prévoit aucun traitement de faveur.

Pourquoi est-ce important ?

L'invasion de l'Ukraine a - paradoxalement - relancer l'idée d'une extension européenne, qui semblait au point mort. Une manière d'ancrer à l'ouest des pays dans le collimateur de Moscou. Mais l'UE reste un club très fermé où on n'en ni rapidement ni aisément.

Un pays qui se réforme rapidement : malgré un contexte des plus difficiles, les autorités ukrainiennes ont lancé tout un panel de réformes pour que le pays puisse entamer les négociations d’adhésion à l’Union européenne.

  • En juin dernier, l’UE fixait une liste de recommandations que le pays devait auparavant remplir pour accéder au statut de candidat à l’adhésion.
    • L’adoption d’un processus de sélection des juges de la Cour constitutionnelle du pays sur une base concurrentielle.
    • Le renforcement de la lutte contre la corruption.
    • L’harmonisation de la réglementation des médias avec les normes européennes.
    • La protection des minorités nationales.
  • Le président du parlement ukrainien, Ruslan Stefanchuk, a déclaré la semaine dernière que l’assemblée avait adopté tous les textes législatifs fixés par l’UE pour négocier la suite du processus d’adhésion.

Une Union qui veut éviter toute précipitation… La Commission européenne avait initialement déclaré qu’elle ferait un rapport avant la fin de l’année sur les progrès de l’Ukraine. Ça ne sera pas le cas.

  • L’UE a finalement mis la candidature ukrainienne dans le même paquet que les autres pays dits « du trio oriental » soit la Moldavie et la Géorgie, plutôt que de l’examiner séparément.
  • De facto, le débat a été rejeté à octobre 2023 au plus tôt, dans le cadre du programme d’élargissement régulier de l’UE.
  • « Il semble qu’une décision consciente ait été prise de ne pas aller de l’avant avec une option précoce, notamment parce que, de manière réaliste, le temps pour élaborer une telle mise à jour était tout simplement trop court pour avoir quelque chose de substantiel », a confié à Euractiv un fonctionnaire européen anonyme. « Politiquement, nous ne pouvons pas non plus donner l’impression d’un traitement de faveur par rapport aux autres pays candidats. »
  • Un délai qui douche quelque peu les espoirs ukrainiens d’un engagement clair à une adhésion rapide.

L’intégration européenne est désormais le principal instrument d’unité au sein du pays – 91 % de notre peuple la soutient, il y a une mobilisation et une unité totales au sein du parlement ukrainien, du gouvernement, et une mobilisation totale au sein de l’administration. « Il est très important de préserver cette dynamique et une évaluation précoce nous aidera à continuer à avancer dans la bonne direction. »

Olha Stefanishyna, vice-première ministre ukrainienne, citée par Euractiv

… Mais qui lâche une concession. Après d’âpres négociations en interne, les membres de l’UE se sont mis d’accord pour octroyer à l’Ukraine une première évaluation des progrès du pays au printemps prochain. Cette mise à jour s’ajouterait à l’évaluation régulière de la Commission à l’élargissement, qui parait traditionnellement en octobre.

  • Une manière de rendre les délais plus supportables, mais aussi de permettre à Kiev de procéder aux éventuelles corrections législatives avant l’automne.
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