Uber veut importer son modèle de travail californien en Europe

Isopix

Les travailleurs indépendants liés à une plateforme telle qu’Uber posent question aux 4 coins du monde. La Californie a voté une loi pour donner un cadre à leur travail. Et Uber pousse désormais l’Union européenne à légiférer dans ce sens.

En novembre dernier, Uber avait gagné une importante affaire contre l’État de Californie. L’entreprise avait réussi, lors des élections, à faire passer un décret qui lui permettait de considérer ses travailleurs comme des indépendants, et non comme des employés. En échange, les entreprises qui fonctionnent sur ce modèle doivent offrir quelques avantages sociaux à leurs membres. Les travailleurs ont par exemple droit à un salaire minimum et à une assurance auto.

L’Union européenne ne possède pas encore de règles de ce type. Les chauffeurs et livreurs de firmes comme Uber sont considérés comme des travailleurs indépendants. Cela implique donc qu’ils n’ont pas de système de hiérarchie avec les entreprises pour lesquelles ils fournissent leurs services. Mais les plateformes sont de plus en plus exigeantes et un lien d’autorité se forme inévitablement. Les travailleurs devraient donc être considérés comme des employés. Mais cela coûterait beaucoup trop cher à ces entreprises.

C’est pour cette raison qu’Uber tente de convaincre l’UE d’adopter une législation proche de celle de la Californie. Le CEO d’Uber, Dara Khosrowshahi, demande aux autorités de ‘créer un cadre pour des opportunités de revenus flexibles, avec des normes à l’échelle du secteur que toutes les entreprises de plateforme doivent fournir aux travailleurs indépendants’.

Augmentation des prix

Pour soutenir sa cause, Uber a un argument imparable – qui a déjà fonctionné en Californie: l’augmentation des prix. La firme explique que si les travailleurs devaient être considérés comme des employés, cela lui coûterait très cher et elle serait obligée de répercuter ce coût sur les prix de ses services. C’est donc le client qui au final serait perdant.

Sa proposition de législation est considérée comme une ‘troisième voie’ où personne ne perd. Les travailleurs ont de nouveaux droits et le marché reste ouvert aux nouveaux membres. Les clients ne paient pas plus cher. Et l’entreprise continue de fonctionner.

Cette plaidoirie est savamment orchestrée puisque l’Union européenne doit justement se réunir mercredi 24 février pour jeter les bases d’une réglementation pour ces modèles économiques ‘à la demande’, explique CNBC. Avec l’essor des livraisons de repas, une loi permettrait d’offrir plus de protection aux travailleurs qui se lancent sur ces plateformes pour recevoir un complément de salaire ou un salaire tout simplement.