Principaux renseignements
- Le président Donald Trump a autorisé l’Ukraine à fabriquer localement des missiles intercepteurs Patriot.
- La production nationale permet de pallier une pénurie critique de missiles tout en préservant les stocks américains.
- Les experts préviennent que la complexité technique et les risques liés à la sécurité pourraient entraîner un transfert de la production vers l’Europe.
Lors d’une réunion de l’OTAN à Ankara, le président américain Donald Trump a informé le président ukrainien Volodymyr Zelensky que les États-Unis accorderaient à Kiev l’autorisation de fabriquer des missiles intercepteurs Patriot. C’est ce qu’indique la BBC.
Trump a laissé entendre qu’une fois les spécifications techniques communiquées, la production pourrait être accélérée. Bien qu’il ait précisé que les sous-traitants de défense Raytheon et Lockheed Martin n’avaient pas encore été informés, il s’est dit confiant quant à la réussite de cet accord.
Besoin urgent de défense aérienne
Cette décision intervient alors que l’Ukraine fait face à un besoin urgent de défense aérienne. Si Kiev a réussi à contrer les essaims de drones russes qui opèrent chaque nuit, les missiles balistiques à grande vitesse restent une menace majeure.
Les récentes frappes russes ont fait de nombreuses victimes, et l’armée de l’air ukrainienne a récemment signalé avoir totalement échoué à intercepter une salve de 23 missiles balistiques en raison d’un grave manque d’intercepteurs.
Réserves américaines
Les États-Unis se sont montrés réticents à fournir davantage de missiles provenant de leurs propres réserves, ayant épuisé une grande partie de leurs stocks lors des récentes tensions avec l’Iran. Trump a souligné que les États-Unis devaient préserver leurs propres capacités défensives, laissant entendre que l’octroi de licences pour une production locale permettrait d’éviter de nouvelles critiques concernant l’insuffisance du soutien américain.
Production locale
Cependant, certains experts se demandent si l’Ukraine est réellement en mesure de fabriquer localement des armes aussi sophistiquées. L’ancien responsable de la sécurité Ivan Stupak a fait remarquer que le système Patriot est extrêmement sophistiqué et que l’absence de zones sûres en Ukraine rend les usines locales vulnérables. Il a suggéré que la production se ferait plus probablement sous supervision sur le sol européen, un processus dont la mise en œuvre pourrait prendre plusieurs mois.
Patriot
Le système Patriot est largement considéré comme la technologie de défense aérienne la plus avancée au monde, capable de neutraliser des missiles balistiques tactiques, des avions et des missiles de croisière. Une seule batterie, comprenant une station radar, un centre de commandement et des lanceurs, coûte environ 1 milliard de dollars.
Malgré sa puissance, le système présente des limites, telles que la difficulté à suivre les mini-drones volant à basse altitude, et un rythme de production lent, limité à seulement 600 missiles par an.
Pression sur le Kremlin
Outre les discussions sur la défense, Trump a abordé le conflit dans son ensemble. Il a reconnu que les récentes frappes à longue portée menées par l’Ukraine en profondeur sur le territoire russe constituaient un catalyseur potentiel pour mettre fin à la guerre. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a ajouté que le fait de cibler les raffineries russes mettait en évidence les vulnérabilités de l’espace aérien de Moscou, ce qui pourrait pousser le Kremlin à trouver un accord.
Trump a également évoqué ses fréquents échanges avec Vladimir Poutine et laissé entendre que le dirigeant russe était ouvert à un accord. Il a lancé l’idée d’une rencontre directe entre Zelensky et Poutine. Lorsqu’on lui a demandé s’il se rendrait à Moscou pour de telles discussions, Zelensky a fait allusion, sur le ton de la plaisanterie, à la présence de drones ukrainiens dans la capitale russe. (fc)
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