Ce pays asiatique pourrait devenir la 3e puissance économique mondiale d’ici 2023, devançant le Japon et l’Allemagne

La croissance annuelle du produit intérieur brut nominal de l’Inde serait en moyenne de 6,3% jusqu’à 2023. De quoi lui faire grimper quelques échelons et faire d’elle la troisième plus grande économie au monde.

Pourquoi est-ce important ?

Le classement des puissances économiques mondiales dresse la liste des pays sur base de leur produit intérieur brut (PIB). Cet indice quantifie la valeur totale de la "production de richesse" annuelle effectuée par l’ensemble des agents, privés et publics, d’un territoire sur une période déterminée. Or, le classement des économies mondiales pèse lourd sur la sphère internationale, car ceux qui se trouvent au sommet profitent d’une certaine façon d’une position de force à plusieurs niveaux, notamment économique et politique.

Dans l’actu : L’Allemagne et le Japon pourraient se faire dépasser par l’Inde d’ici la fin de la décennie en termes de puissance économique.

  • C’est en tout cas la prévision de S&P basée sur la projection d’une croissance annuelle du PIB nominal de l’Inde de 6,3% en moyenne jusqu’en 2030.
  • Une prévision partagée par la banque d’investissement Morgan Stanley qui s’attend, elle, à ce que le PIB indien augmente de plus du double d’ici 2031.
    • « L’Inde a les conditions en place pour un boom économique alimenté par la délocalisation, les investissements dans la fabrication, la transition énergétique et l’infrastructure numérique avancée du pays”, indique le rapport de la banque d’investissement, consulté par CNBC.

« Ces moteurs feront de [l’Inde] la troisième économie et la troisième place boursière du monde avant la fin de la décennie. »

Ridham Desai et Girish Acchipalia, analystes chez Morgan Stanley.

Les chiffres : le vent favorable à l’économie indienne n’est pas nouveau.

  • Au cours du troisième trimestre, l’Inde a affiché une croissance en glissement annuel de 6,3%, soit, un pourcentage légèrement supérieur aux 6,2% attendus.
  • Le trimestre précédent, elle avait fait beaucoup mieux, plus du double, avec une croissance de 13,5% par rapport à il y a un an, en raison d’une demande intérieure robuste dans le secteur des services du pays.
  • L’année 2021 a également été marquée par d’excellents chiffres, dont une croissance record de 20,1% au cours des trois mois précédant juin, selon les chiffres de Refinitiv.

À noter : pour que la projection de S&P se réalise, certaines conditions devront cependant être rassemblées.

  • La libéralisation commerciale et financière de l’Inde et de la réforme du marché du travail devra se poursuivre.
  • Des investissements dans les infrastructures et le capital humain de l’Inde devront être réalisés.

Concernant les réformes, le gouvernement s’est déjà engagé à mettre en place certaines d’entre elles, a souligné Dhiraj Nim, économiste d’Australie et de Nouvelle-Zélande Banking Group Research, à CNBC. Ce qui est plutôt de bon augure.

À l’avenir : l’Inde vise à devenir une plaque tournante pour les investisseurs étrangers, ainsi qu’une puissance manufacturière.

  • Son programme d’incitations liées à la production pour stimuler la fabrication et les exportations est un excellent moyen d’y parvenir.
  • « Les multinationales sont plus optimistes que jamais quant à l’investissement en Inde… et le gouvernement encourage les investissements à la fois en construisant des infrastructures et en fournissant des terrains pour les usines », a déclaré Morgan Stanley.

« Les avantages de l’Inde [incluent] une main-d’œuvre abondante à faible coût, le faible coût de fabrication, l’ouverture à l’investissement, des politiques favorables aux entreprises et une population jeune avec un fort penchant pour la consommation »

Sumedha Dasgupta, analyste principal de l’Economist Intelligence Unit

Des obstacles pourraient se dresser sur sa route

Reste que les prévisions de S&P et de Morgan Stanley pourraient être compromises, en raison de divers facteurs intérieurs et extérieurs.

  • Une récession mondiale prolongée pourrait en effet nuire à la croissance de l’Inde, car son économie est fortement dépendante du commerce extérieur avec près de 20% de sa production exportée. Une crainte partagée par le ministère indien des Finances.
  • Le manque de main-d’œuvre qualifiée pourrait également poser un problème.
    • Sans un investissement conséquent dans le capital humain via l’éducation et la santé, l’Inde pourrait en effet perdre de son élan.
  • Les événements géopolitiques défavorables et les erreurs politiques représentent aussi un risque pour l’ascension de l’Inde en tant que troisième puissance économique mondiale.
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