Nouvelle année, nouvelles règles ; c’est d’autant plus vrai dans deux secteurs qui passionnent les Belges, à savoir la construction et l’énergie. Le gouvernement fédéral et les régions jurent régulièrement que l’énergie verte doit devenir plus efficace et plus accessible pour les citoyens, en particulier les panneaux solaires. Dans les faits, c’est plus compliqué.
La fin de la TVA à 6 %
Le gouvernement fédéral avait décidé, en avril 2022, de baisser la TVA sur l’installation de panneaux solaires de 21 % à 6 %. Une manière d’inciter les particuliers à passer massivement le cap, alors que la crise énergétique s’annonçait, avec les premières sanctions à l’égard de la Russie et la coupure prévue de l’approvisionnement en gaz.
La TVA reprendra donc son niveau normal dès le 31 décembre. Et les agendas des installateurs sont, bien sûr, absolument saturés de commandes. Quasiment impossible donc d’espérer passer la ligne d’arrivée à la dernière minute.
La fin du compteur qui tourne à l’envers en Wallonie
C’est une décision qui a fait couler beaucoup d’encre. Le Gouvernement wallon a décidé de mettre fin au mécanisme du compteur à l’envers, pour les propriétaires de panneaux solaires qui réinjectent du courant dans le système. Une subtilité, toutefois : les propriétaires de panneaux installés avant le 31 décembre en bénéficieront encore jusqu’en 2030, mais les nouveaux convertis au solaire ne le connaitront pas.
À noter que ce mécanisme avait déjà été supprimé à Bruxelles et en Flandre. Mais nos compatriotes du nord avaient d’emblée opté pour un nouveau type d’incitant, comme des primes pour l’installation de batteries pour emmagasiner l’énergie produite pour et par le foyer.
Les panneaux solaires, toujours une option intéressante
Tout cela sonne plutôt comme de mauvaises nouvelles, en particulier pour les Wallons, mais ça serait ne voir qu’une partie du tableau. Certes, le solaire a déjà été plus avantageux. Mais il le reste ; c’est juste que la réinjection du surplus de la production privée dans le réseau commun ne sera plus aussi rentable. À moins d’investir dans de coûteuses et peu performantes batteries pour bénéficier aussi de sa propre électricité durant les heures de faible ensoleillement. Le message : consommer l’électricité quand elle est produite. En journée donc, de préférence ensoleillée.
En outre, les tarifs du transport d’électricité vont drastiquement augmenter, après 2024. La Commission de Régulation de l’électricité et du Gaz (la Creg) a approuvé la proposition tarifaire adaptée soumise par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité Elia, le mois dernier. Celle-ci prévoit une hausse de 77% sur 3 ans des prix du transport électrique, sensible surtout à partir de 2025. Raison de plus pour produire à domicile.