« Nous ne pouvons stopper la hausse des prix du pétrole qu’en mettant davantage de pétrole sur le marché », selon le secrétaire général de l’OCDE

Le prix du pétrole a légèrement baissé ces derniers jours. Toutefois, nous devons encore payer l’or noir beaucoup plus cher qu’il y a un an. Tant que la guerre en Ukraine se poursuivra, le prix du pétrole restera très volatil. « Nous devons augmenter l’offre si nous voulons arrêter la hausse des prix », déclare Mathias Cormann, secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Les prix du pétrole sont en hausse depuis cet automne. De nombreux pays avaient alors considérablement assoupli les restrictions sanitaires ou les avaient complètement abandonnées. Les économies mondiales ont ainsi pu respirer, ce qui a entraîné une hausse des prix du pétrole. Mais ce n’est que lorsque la guerre en Ukraine a éclaté que les prix du pétrole ont vraiment décollé. Début juin, le baril de Brent, le prix de référence du pétrole dans notre région, coûtait plus de 120 dollars. Aujourd’hui, vous payez environ 100 dollars pour un baril. Il y a un an, il n’était que de 74 dollars.

Alternatives au pétrole

« La guerre en Ukraine fait payer un lourd tribut au monde », a déclaré M. Cormann dans une interview accordée au site d’information américain CNBC. « Ce conflit entraîne un ralentissement de la croissance, une hausse de l’inflation, des prix élevés de l’énergie et une insécurité alimentaire. Vladimir Poutine ferait mieux d’arrêter de se battre. »

Selon lui, la seule façon de contenir les prix du pétrole est d’augmenter l’offre et de trouver des alternatives à l’or noir. « Mon message est que le monde a des options dans le contexte d’une économie de marché mondiale (…) en augmentant la production d’autres sources, nous pouvons faire en sorte que le prix se stabilise à un niveau plus approprié », analyse-t-il.

Plafond du prix du pétrole

Dans cette interview, Cormann a également réagi au discours que la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a prononcé jeudi à Bali devant les ministres des finances et les banquiers centraux des pays du G20. Mme Yellen a plaidé en faveur de la fixation d’un prix plafond pour le pétrole russe. Il s’agit, selon elle, de l’une des armes les plus puissantes dont nous disposons pour lutter contre l’inflation galopante.

« C’est certainement un sujet dont les ministres des pays du G20 discuteront », a noté le secrétaire général de l’OCDE. « Toute mesure visant à augmenter l’offre réduira le prix du pétrole et aura l’effet désiré. »

Pourtant, tout le monde ne semble pas convaincu de l’efficacité d’un plafonnement des prix. La banque américaine JPMorgan avait déjà prévenu qu’une telle mesure ne pourrait qu’entraîner une hausse des prix du pétrole. La Russie pourrait répondre en réduisant sa production de pétrole. Selon l’institution financière, dans le pire des cas, le prix du pétrole pourrait atteindre 380 dollars le baril.

(CP)

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