Semaine de vérité pour Brussels Airlines: ‘Lufthansa se montre arrogante’

EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ

Y aura-t-il une percée dans le dossier Brussels Airlines dès cette semaine? ‘Les Allemands de la Lufthansa se comportent mal’, entend-on dire dans les milieux gouvernementaux.

  • Une avancée semble nécessaire pour le ‘transporteur national’ Brussels Airlines, qui est à court d’argent. La société, détenue à 100% par la compagnie allemande Lufthansa, doit être dotée d’un plan de sauvetage. L’État belge a un rôle jouer et veut bien mettre la main au portefeuille, mais il exige en même temps une participation.

Brussels Airlines: le plan de sauvetage serait contraire aux règles européennes

  • En principe, le feu vert devrait être donné par la société-mère Lufthansa, qui réunit par ailleurs son conseil d’administration cette semaine afin de prendre un certain nombre de décisions. Mais les négociations s’annoncent très difficiles.
  • ‘Lufthansa prend un temps ridiculement long et ses représentants se conduisent vraiment mal. Nous sommes à un niveau d’arrogance rarement observé’, entend-on dans les milieux gouvernementaux belges. La direction de la compagnie aérienne allemande a dans un premier temps joué à fond la carte du gouvernement allemand, et les négociations ont duré des semaines: la Lufthansa voulait à tout prix éviter que les politiques allemands ne se voient attribuer un pouvoir décisionnel dans ‘leur’ entreprise.
  • Au final, un vaste accord de 9 milliards d’euros a été conclu, avec une participation politique très limitée, mais une entrée dans le capital. Cependant, la Commission européenne se pose encore des questions, et elle enquête afin de déterminer s’il s’agit ou non d’une aide d’État illégale.

Le CA de Lufthansa accepte les exigences de la Commission sur son plan de sauvetage

  • Dans le même temps, les feux semblent au vert pour des négociations avec Lufthansa en Belgique. En Suisse aussi, les Allemands ont conclu un accord avec le gouvernement, à propos de Swiss, mais dans les coulisses du gouvernement allemand, on se demande si cet accord tiendra vraiment la route.
  • Brussels Airlines a d’ores et déjà annoncé qu’elle reprendrait ses vols à parti du 15 juin, et les réservations ‘se déroulent très bien’, entend-on dire. Cela signifierait que de l’argent entre à nouveau dans les caisses de la compagnie, ce qui lui donnerait un peu de répit. ‘Mais les premières semaines seront très difficiles, et il leur faut donc beaucoup d’argent. Nous n’avons pas l’intention d’adopter soudainement une position plus souple que celle du gouvernement allemand: Lufthansa doit savoir ce qu’elle veut’, ressort-il du gouvernement belge.

Brussels Airlines reprendra ses vols dès le 15 juin et desservira 59 destinations d’ici la fin août