Selon un sondage, près de la moitié des Britanniques souhaitent un nouveau référendum sur le Brexit


Principaux renseignements

  • Près de la moitié des citoyens britanniques sont désormais favorables à un deuxième référendum sur le Brexit.
  • Le mécontentement vis-à-vis du processus de sortie a fortement augmenté depuis 2021.
  • Les électeurs continuent de privilégier l’autonomie en matière d’immigration plutôt que les avantages commerciaux liés au marché unique.

Une étude approfondie menée par le King’s College de Londres, Ipsos et le groupe de réflexion UK in a Changing Europe révèle un glissement significatif de l’opinion publique sur le Brexit. Dix ans après le premier vote, près de 50 pour cent de la population britannique est désormais favorable à un second référendum. Ce sentiment s’étend même à ceux qui étaient auparavant partisans du Brexit : 25 pour cent des électeurs du « Leave » de 2016 et 20 pour cent des partisans de Reform UK sont ouverts à un nouveau vote.

Insatisfaction croissante face au Brexit

Les données mettent en évidence une insatisfaction croissante face à l’issue du Brexit. La proportion de citoyens estimant que le processus s’est déroulé moins bien que prévu a bondi de 27 pour cent en 2021 à 48 pour cent en 2024. Cette tendance se reflète également dans la perception du vote initial de 2016. Le soutien à la décision de David Cameron d’organiser le référendum a baissé de 66 pour cent à 43 pour cent. Le nombre de personnes qui considèrent cela comme une erreur est passé de 24 pour cent à 38 pour cent.

Implications politiques

Le besoin d’un resserrement des liens est clair : environ la moitié des personnes interrogées est favorable à une relation plus forte avec l’UE. Par ailleurs, 60 pour cent plaident en faveur d’une coopération militaire accrue.

Sur le plan politique, une proposition visant à organiser un nouveau référendum pourrait renforcer l’attrait du Parti travailliste. La part des électeurs qui envisageraient de voter pour ce parti passerait alors de 31 pour cent à 45 pour cent. Si la situation actuelle perdure, ce chiffre reste limité à 27 pour cent.

Conflit entre commerce et souveraineté

Keiran Pedley, d’Ipsos, fait toutefois remarquer que l’opinion publique reste partagée. Beaucoup souhaitent bénéficier des avantages commerciaux du marché intérieur de l’UE. 53 pour cent accepteraient le retour de la libre circulation pour y parvenir. Pourtant, la souveraineté reste un obstacle majeur. Interrogés spécifiquement sur les contrôles aux frontières, 52 pour cent des participants ont préféré l’autonomie en matière d’immigration à une intégration plus poussée avec l’UE.

Les experts suggèrent que la voie à suivre est semée d’embûches et de compromis. Le professeur Anand Menon a indiqué que toute stratégie potentielle implique des compromis difficiles, tandis que le professeur Bobby Duffy a observé que les changements dans l’opinion publique se produisent si lentement qu’un mandat définitif en faveur du changement pourrait encore prendre des années.

Ouverture européenne

Ce sondage coïncide avec des changements politiques au sein du Parti travailliste. L’ancien ministre de la Santé Wes Streeting a qualifié le Brexit d' »erreur catastrophique » et a affirmé que l’avenir du Royaume-Uni restait étroitement lié à l’Europe. Pour appuyer cette possibilité, des responsables européens, dont Sandro Gozi, ont laissé entendre que l’UE accueillerait favorablement une demande britannique de réadhésion et pourrait éventuellement accélérer le processus grâce à l’alignement actuel du Royaume-Uni sur de nombreuses normes européennes.

Les résultats sont basés sur une enquête menée auprès de 2 245 adultes britanniques à la mi-mai.

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