Le soutien des Américains à la campagne militaire contre l’Iran atteint un niveau historiquement bas


Principaux renseignements

  • Le soutien de l’opinion publique américaine à la campagne en Iran a atteint un niveau historiquement bas, à savoir un tiers.
  • Le flou des objectifs militaires et la hausse des prix de l’essence éloignent des électeurs clés.
  • Les perspectives pour les élections de mi-mandat s’amenuisent, car le conflit va à l’encontre des promesses de campagne.

Un récent sondage Reuters/Ipsos révèle que le soutien de l’opinion publique à la campagne militaire en Iran est tombé à seulement un tiers de la population américaine. Il s’agit du niveau le plus bas depuis le début du conflit, il y a cinq mois. Une majorité de la population estime que le président américain Donald Trump n’a pas réussi à définir une stratégie claire. 69 pour cent des personnes interrogées, dont 40 pour cent des républicains, indiquent que les objectifs de l’intervention américaine restent flous. Malgré ces résultats, la porte-parole de la Maison Blanche a défendu le gouvernement et a affirmé que le président accordait la priorité à la sécurité nationale et à la prévention d’un Iran doté de l’arme nucléaire plutôt qu’aux fluctuations des sondages.

Comparaisons historiques du soutien de l’opinion publique

Ce manque d’enthousiasme de la part de l’opinion publique contraste fortement avec les phases initiales des précédentes interventions militaires américaines. Par exemple, les données de Gallup indiquent que la guerre en Afghanistan a débuté avec un soutien de l’opinion publique d’environ 90 pour cent, tandis que la guerre en Irak a commencé avec environ 70 pour cent. Dans le conflit actuel, le soutien est resté inférieur à 40 pour cent depuis les premières frappes du 28 février.

Conséquences politiques et économiques

Les répercussions politiques de la guerre se font de plus en plus sentir à l’approche des élections de mi-mandat de novembre, mettant ainsi en péril la faible majorité des républicains au Congrès. Le conflit a également exercé une pression économique sur les ménages américains, les prix nationaux de l’essence étant passés d’environ 3 dollars à plus de 4 dollars le gallon. Le stratège républicain Alex Conant a fait remarquer que ces revers économiques compliquent la tâche du gouvernement, qui peine à maintenir une image positive sur le plan intérieur alors que l’attention reste focalisée sur les affaires étrangères. Cette évolution se reflète dans les sondages auprès des électeurs indépendants, qui préfèrent actuellement les candidats démocrates aux républicains, à 36 pour cent contre 20 pour cent.

Contradictions dans les promesses de campagne

La situation actuelle va également à l’encontre des promesses électorales de Trump visant à éviter les conflits étrangers de longue durée. Bien qu’il ait initialement prédit que l’opération en Iran serait terminée en cinq semaines, il a depuis exprimé son agacement face aux comparaisons avec des guerres de longue durée telles que celle du Vietnam. Certains électeurs ont fait part de leur frustration et suggèrent que le gouvernement devrait donner la priorité aux crises intérieures et aux besoins des citoyens américains plutôt qu’aux intérêts des alliés étrangers.

Le bilan humain et statistique

Le bilan humain du conflit s’élève à ce jour à 18 victimes américaines, auxquelles s’ajoutent des milliers de morts en Iran et au Liban. Les données de Reuters/Ipsos montrent que le taux d’approbation a fluctué depuis le début de la guerre, atteignant un pic de 37 pour cent à la mi-mars, après un taux initial de 27 pour cent le jour où le conflit a éclaté. (ev)

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