Santander met en garde contre un déficit de financement mondial de 30 000 milliards d’euros d’ici 2030


Principaux renseignements

  • Selon Santander, le financement mondial sera confronté à un déficit d’environ 30 000 milliards d’euros entre 2026 et 2030.
  • Les initiatives en faveur du climat sont la principale cause de ce déficit d’investissement.
  • Les réformes européennes doivent réorienter l’épargne nationale afin de stimuler la croissance économique locale.

Une analyse récente de Santander révèle que le monde sera confronté, entre 2026 et 2030, à un déficit de financement mondial d’environ 30 000 milliards d’euros. Selon le rapport, les besoins mondiaux totaux en investissements sont estimés à 50 000 milliards d’euros. Les possibilités de financement actuelles et les prévisions de croissance économique ne suffisent pas à répondre à ces besoins, rapporte Reuters.

Causes du déficit de financement

La principale cause de ce déficit réside dans le besoin urgent d’investissements liés au climat. Il s’agit notamment de l’électrification, des énergies renouvelables, du stockage d’énergie et des infrastructures de réseau. Les dépenses consacrées à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique devraient représenter entre 22 000 et 26 000 milliards d’euros du déficit total.

Outre les questions environnementales, la banque a souligné que des capitaux considérables sont nécessaires pour la défense et le développement de l’intelligence artificielle, tandis que le vieillissement de la population exerce simultanément une pression sur les budgets nationaux en raison de l’augmentation des coûts liés aux retraites et aux soins de santé.

Stratégies financières communes

Pour relever ces défis, une approche synergique entre les secteurs public et privé est nécessaire. Santander a souligné que les institutions financières doivent jouer un rôle crucial en organisant des projets, en mobilisant les dépôts et en apportant un soutien aux entreprises.

L’accent mis sur le financement climatique s’inscrit dans le cadre de l’ordre du jour du prochain sommet des Nations unies sur le climat qui se tiendra à Antalya, en Turquie. Le soutien financier aux pays en développement y figurera parmi les priorités.

Appels à des réformes européennes

Lors d’un forum bancaire à Madrid, Ana Botín, présidente exécutive de Santander, a appelé les autorités européennes à réformer le paysage financier afin de stimuler davantage la croissance économique. Selon elle, le cadre bancaire européen doit accorder davantage de priorité à la croissance, sans pour autant se concentrer exclusivement sur la stabilité.

Elle a par ailleurs proposé d’investir une plus grande partie de l’épargne européenne au sein même de la région. Botín a souligné que les ménages européens épargnent 600 milliards d’euros par an. Ce montant fait partie d’un patrimoine total de 32 000 milliards d’euros. Selon elle, environ la moitié de cette épargne annuelle est investie sur les marchés étrangers, principalement aux États-Unis, plutôt qu’en Europe.

Dette publique

La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a également mis en garde contre les conséquences d’une dette publique excessive. Selon elle, celle-ci constitue une menace considérable pour la prospérité mondiale.

Selon elle, la combinaison de l’inflation et de la hausse des taux d’intérêt rend de plus en plus difficile pour les gouvernements le remboursement de leurs dettes. Cela a, à son tour, des conséquences négatives pour les ménages et les entreprises. (lv)

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