Sans taxe GAFAM internationale, le secrétaire général de l’OCDE redoute ‘une guerre commerciale’

Le secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Angel Gurria. (EPA-EFE/HOW HWEE YOUNG)

Angel Gurria, secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a mis en garde ce jeudi contre le risque d’une guerre commerciale alors que les États-Unis se sont apparemment retirés des négociations sur la mise en place d’une taxe internationale des géants de la tech.

‘Il est grand temps de relever les défis fiscaux posés par la numérisation de l’économie’, a déclaré Angel Gurria dans un communiqué relayé par l’agence allemande.

‘Une guerre commerciale nuirait encore plus à l’économie’

Le secrétaire général de l’OCDE estime que sans solution multilatérale, de nombreux pays auront recours à des mesures nationales, ce qui provoquera ‘des litiges fiscaux et inévitablement des tensions commerciales accrues’, a-t-il prévenu.

‘Une guerre commerciale nuirait encore plus à l’économie, à l’emploi et à la confiance, surtout maintenant que l’économie mondiale est confrontée à un ralentissement économique sans précédent’, a conclu Angel Gurria.

Une taxe GAFA bientôt dans 38 pays

D’après une étude de KPMG, 38 États ont ou sont sur le point d’adopter une taxation du numérique, selon des modalités plus ou moins harmonisées. C’est déjà le cas pour 22 d’entre eux qui ont effectivement adopté une taxe Gafa, 6 ont un projet de loi en ce sens et 10 ont annoncé leur intention de mettre une telle législation en place.

Parmi les pays qui ont déjà adopté une taxe sur le numérique, on retrouve l’Inde, la France, l’Italie ou encore l’Autriche, tandis que l’Espagne a pour projet de le faire dans un futur proche. Au Royaume-Uni, une taxe GAFA est entrée en vigueur au 1er avril, mais les premiers paiements ne seront dus que l’année prochaine.

En Belgique, une majorité au parlement semble favorable à une taxe sur le chiffre d’affaires de grandes entreprises comme Google ou Amazon. Des discussions en ce sens ont débuté mardi en commission parlementaire des finance.