La Russie travaille-t-elle sur un missile tueur de porte-avions ?

Dans sa quête d’un matériel de guerre toujours plus moderne, plus grand, plus lourd et plus destructeur, la Russie semble franchir une nouvelle étape. Elle travaillerait au développement du Zmeevik, un missile balistique antinavire. Une source proche du projet qualifie le missile de « tueur de porte-avions », mais que savons-nous aujourd’hui de cet engin ?

C’est l’agence de presse russe TASS, aux ordres du Kremlin, qui a été la première à parler du Zmeevik. « Le Zmeevik est dans les tuyaux depuis longtemps et est développé pour frapper de grandes cibles à la surface de l’eau, notamment les porte-avions » a déclaré une source à l’agence de presse.

Des origines chinoises

Une autre source travaillant sur le projet affirme que le missile est similaire au Dong Feng-21 et au DF-26 chinois, deux missiles balistiques relativement récents de l’armée chinoise. Le Zmeevik pourrait donc porter à environ 4.000 kilomètres. Des parallèles sont également établis avec le missile russe 3M22 Zircon. Celui-ci, contrairement au dernier venu de la grande famille des missiles russes, est un engin hypersonique : il vole beaucoup moins loin (« seulement » 1.500 kilomètres), mais peut fendre l’air à la vitesse de Mach 5, soit cinq fois la vitesse du son.

En dehors du rayon d’action du Zmeevik, on sait peu de choses sur cette arme, mais si l’on pousse plus loin la comparaison avec les fusées chinoises, on peut en déduire certaines choses. On s’attend donc à ce que le Zmeevik se situe entre ces deux fusées en termes de taille et de poids, même si cela reste bien sûr à confirmer.

  • Le DF-21, mis en service pour la première fois en 1991, mesure 10,7 mètres et pèse environ 14,700 kg.
  • Le Dong Feng-26 est beaucoup plus moderne et n’est entré en service qu’en 2016. Par conséquent, on en sait moins sur le missile, mais on estime qu’il mesure 14 mètres de long et pèse 20.000 kg.

À quel point ce missile est-il dangereux ?

Le développement d’un nouveau missile antinavire, qui peut frapper à des milliers de kilomètres qui plus est, suscite l’inquiétude de l’Occident. En particulier aux États-Unis, où aucune solution n’a encore été trouvée pour protéger les porte-avions des missiles Zircon, ce qui inquiète beaucoup les experts de l’industrie militaire.

Pourtant, les États-Unis et l’Europe travaillent sur des boucliers antimissiles. Aux États-Unis, l’entreprise de défense Raytheon développe des moyens d’interception en phase de vol, destinés à neutraliser les missiles hypersoniques avant qu’ils n’atteignent leur cible. La Commission européenne, quant à elle, a confié au fabricant d’armes MBDA le mandat de développer un concept similaire, le projet TWISTER.

MB

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