Marché du travail américain : toujours plus « hot » que prévu, Wall Street continue sa chute

Près de 100.000 emplois de plus que les estimations : le marché du travail américain est toujours en surchauffe. Les données du salaire horaire, jauge importante pour l’inflation, sont mitigées. Les marchés continuent leur chute.

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Pourquoi est-ce important ?

Un marché du travail en pleine puissance complique la lutte contre l'inflation. Ce qui laisse de moins en moins de doutes : les hausses des taux d'intérêt ne seront pas rangées dans le tiroir de sitôt.

Dans l’actu : le rapport mensuel sur l’emploi aux États-Unis, publié ce vendredi.

  • Avec 311.000 nouveaux emplois ajoutés sur le mois de février (dans les secteurs non agricoles), le marché du travail reste en forte croissance.
    • C’est plus que les estimations des spécialistes, qui étaient d’environ 225.000 nouveaux emplois.
  • En janvier, la surprise était encore plus grosse : 517.000 emplois avaient été ajoutés, contre une estimation de 185.000. Ces 517.000 sont d’ailleurs revus à la baisse dans le rapport de février, et passent à 504.000.

Autre chiffre : chômage et salaire horaire.

  • En janvier, le taux de chômage avait baissé à 3,4%, soit le plus bas depuis 1969. En février, il a légèrement augmenté à nouveau, passant à 3,6%. C’est plus que ce qui était attendu.
  • Du côté du salaire horaire, c’est un chiffre plutôt mitigé. Il a augmenté de 4,6%, en glissement annuel. C’est moins que les estimations (4,8%), mais c’est plus que le mois précédent (4,4%).
    • En glissement mensuel, il a augmenté de 0,2%, ce qui est moins que le mois précédent (0,3%) et moins que les estimations (0,4%).

La citation : « épineux ».

  • C’est ainsi que Mohamed El-Erian, économiste et président du Queen’s College de l’Université de Cambridge décrit le rapport et les données qui ne vont pas dans le même sens.

Inflation

L’essentiel : la lutte contre l’inflation passe aussi par un ralentissement du marché du travail.

  • Aux États-Unis, le marché du travail en surchauffe depuis la sortie de la pandémie est en partie responsable de l’inflation, via un boom des salaires et un chômage bas.
  • Pour réduire l’inflation, la Fed doit freiner ce marché du travail. Ce qu’elle espère faire avec une hausse des taux d’intérêt. En environ un an, ils ont augmenté à 4,75% – ce qui n’a pas encore changé grand-chose sur ce marché du travail en surchauffe.
  • Dans tous les cas, le fait que ce marché du travail soit encore en pleine forme donne l’obligation à la Fed de continuer à augmenter les taux. Surtout que de l’autre côté, la désinflation semble ralentir.

Le détail : quelle réaction des marchés ?

  • Ce type de publication de données a le potentiel de pousser les marchés vers le bas, notamment à cause de la perspective de hausses des taux.
  • Or, cette semaine, ils sont déjà à la baisse. Les apparitions du président de la Fed, Jerome Powell, devant les législateurs américains ont fait peur aux marchés (et continuent à le faire). Powell a choisi un ton de « faucon » (c’est-à-dire qu’il est en faveur d’une politique monétaire ferme).
    • Ces chiffres ne sont qu’une confirmation de plus de la tendance de « faucon » de la Fed. Difficile de dire à quel degré ils contribuent à la baisse à Walls Street ce vendredi, à côté de l’exposé de Powell qui avait déjà annoncé la couleur.
  • Mais ce n’est pas le seul élément qui hante Wall Street en cette fin de semaine. Il y a aussi la dérive de deux banques californiennes qui pèse sur le marché et accélère les ventes.
  • Résultat : le S&P 500, indice principal de Wall Street, est en baisse de 1,45% ce vendredi à la clôture. Sur la journée de jeudi, il avait déjà laissé près de 2%. Le Nasdaq 100 glisse de 1,40% ce vendredi. Jeudi il avait perdu plus de 2%.
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