Quels sont les pays qui fournissent la plupart des PDG d’origine étrangère?

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Le mois dernier, Microsoft a désigné Satya Nadella comme nouveau directeur général, remettant au goût du jour une observation du Time en 2011 : le principal produit d’exportation de l’Inde : ses CEOs. Mais est-ce vraiment le cas? Pankaj Ghemawat et Herman Vantrappen de la Harvard Business Review ont analysé les données des 500 plus grandes entreprises du monde, et ils arrivent aux conclusions suivantes:

Dans le Fortune Global 500 des meilleures entreprises mondiales, seulement trois entreprises non-indiennes sont dirigées par un directeur général indien (ArcelorMittal, Deutsche Bank et PepsiCo). Cela met l’Inde en équivalence avec le Brésil et la Belgique, qui a également « exporté » trois CEO à des multinationales étrangères (Les trois sont Paul Bulcke (Nestlé), Jean-François Van Boxmeer (Heineken) et Patrick De Maeseneire (Adecco)). Le Royaume-Uni (7), l’Australie (5), l’Afrique du Sud (5), la France (6), l’Allemagne (4) et les États-Unis (6) sont les plus grands « exportateurs ».

Pourtant, les Indiens ont en effet un grand succès en tant que gestionnaires à l’étranger. Le nombre de start-ups de la Silicon Valley dirigées par un Indien est passé de 7% en 1980 à au moins 13% dans les années 1990. Aujourd’hui, plus de 25% d’entre elles sont gérées par des Indiens (Les Indiens ne représentent cependant que 1% de la population des États-Unis). La diaspora indienne a connu un tel succès (en particulier dans la Silicon Valley) que certains estiment même que le revenu annuel des chefs d’entreprise indiens à l’étranger représente environ un tiers du PIB de leur patrie.

Néanmoins, l’analayse de Ghemawat et Vantrappen montre que la direction des plus grandes entreprises du monde n’est pas aussi mondialisée qu’on pourrait le penser. Seulement 13% des entreprises du Fortune Global 500 ont un PDG étranger – dans les grandes firmes européennes, cela se produit assez souvent, dans les firmes asiatiques moins souvent, les Etats-Unis se situant au milieu. La probabilité qu’une entreprise adopte un PDG étranger est liée avec ce que Ghemawats appelle « l’indice de Profondeur de la mondialisation ».

L’Inde n’importe presque pas de cadres pour ses propres grandes firmes. Depuis la mort de Karl Slym (qui avait dirigé temporairement Tata Motors) aucune des huit sociétés indiennes présentes dans le classement Fortune Global 500 n’est menée par un CEO étranger.

Dans les BRICS on choisit aussi presque exclusivement un grand patron du cru: seulement trois des 112 grandes sociétés des pays BRICS présentes dans le classement sont dirigées par un directeur général étranger.

La nomination d’un CEO indien pour Microsoft reflète plutôt la modernité et la mondialisation plutôt  que les capacités spécifiques des dirigeants indiens. La décision est loin d’être illogique, puisque plus d’un tiers de l’ensemble de l’état-major de Microsoft est d’origine indienne, et environ la moitié des revenus d’exploitation proviennent de l’extérieur des États-Unis.

Enfin, Microsoft envoie un signal très fort à ses cadres les plus prometteurs, à savoir que l’origine ne joue aucun rôle lorsqu’il s’agit de retenir le meilleur candidat à un poste. 

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