Que trafique donc la Chine avec sa mystérieuse navette spatiale en orbite depuis trois mois ?

La Chine possède un engin spatial sur lequel elle communique très peu, ce qui n’est guère dans ses habitudes. Il s’agirait d’une navette spatiale, alors que plus aucun autre pays n’en maintient en activité. Celle-ci se trouve en orbite pour l’instant, et on ne sait pas trop ce qu’elle trafique.

Pourquoi est-ce important ?

Technologie de pointe des années 1980, les navettes spatiales n'ont plus la cote. Ces véhicules pouvant revenir sur Terre en effectuant un atterrissage contrôlé à la manière d'un avion ont quasiment disparu : le programme américain Space Transportation System (STS) a été clôturé définitivement en 2011, sans remplaçant. Quant à son équivalent soviétique, la navette Bourane, elle n'a connu qu'un seul vol avant l'abandon du projet dès 1993. Mais les Chinois, eux, semblent bien disposer d'une navette en état de marche, et son activité suscite bien des interrogations.

Les faits : alors que l’Empire du Milieu aime mettre en scène ses indéniables progrès dans le domaine astronautique, le lancement le 4 août dernier d’une fusée Longue Marche 2F n’a pas été mené en fanfare. Celui-ci, effectué depuis Jiuquan, dans le désert de Gobi, a servi à mettre en orbite un mystérieux avion spatial, selon un communiqué des plus laconiques des autorités chinoises. Or, on ne sait pas grand-chose de cet engin ni de sa mission.

  • Cela fait 90 jours que la Chine dispose d’un vaisseau spatial, vraisemblablement une sorte de navette, en orbite autour de la Terre. Celle-ci a relevé son périgée, soit son point de son orbite le plus proche de notre planète, jusqu’à se situer entre 597 et 608 kilomètres d’altitude.
  • C’est le second vol connu de cet engin, sur lequel on sait finalement très peu de choses. Il a volé une première fois en septembre 2020, mais il n’avait effectué que deux orbites, sur deux jours, avant de redescendre sur Terre, signale Space News. Ce vaisseau semble faire partie d’un système de lancement orbital en deux étapes, avec un décollage vertical assisté par fusée et un atterrissage horizontal, assez comparable sans doute aux navettes de la grande époque.

L’enjeu : cet avion spatial qui tourne au-dessus de nos têtes semble bien larguer sur son orbite d’autres engins plus petits.

  • Lors du premier vol connu de ce vaisseau, en 2020, l’engin avait déjà libéré un objet qui a pu être repéré sur les radars, et qui a ensuite émis des transmissions des semaines durant.
  • Rebelote cette fois-ci : le 18e escadron de défense spatiale de l’US Space Force a repéré un objet à proximité de cette navette chinoise, sur une orbite similaire, mais suffisamment éloignée pour confirmer qu’il s’agissait bien d’un objet distinct.
  • L’armée américaine et les experts en astronautique du monde entier ne peuvent que se perdre en conjecture. L’une des possibilités est que l’objet soit un petit satellite destiné à observer les performances du vaisseau. Il pourrait également s’agir d’un test de déploiement de petites charges utiles en orbite.
  • La Chine reste aussi discrète que possible sur cette étrange navette. L’Académie chinoise de technologie des véhicules de lancement (CALT) du pays reconnait son existence, mais elle le présente comme « un soutien à la construction de la puissance scientifique et technologique, de la puissance aérospatiale et de la puissance de transport de la Chine » sans finalement avancer quoique ce soit de concret.
  • On ne sait pas jusqu’à quand le vaisseau restera en orbite, mais l’US Space force estime qu’il atterrira sur la base de Lop Nur, dans le Xinjiang, où l’imagerie satellitaire suggère une activité accrue du personnel au sol.
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