Prémonitions ou délits d’initié? Un méga scandale couve chez Kodak

Kodak-CEO James Continenza. De voormalige producent van fotorolletjes was een opmerkelijke uitschieter op een voorts druilerige beursdag. – Foto: Sipa USA

Les analystes s’interrogent sur la flambée du cours de l’action Kodak, un jour avant l’annonce du président américain, Donald Trump, que la société allait dorénavant fabriquer des composants essentiels aux produits pharmaceutiques et qu’elle avait obtenu un prêt de 765 millions de dollars à cet effet.

Jadis leader incontesté du secteur de la photo et de la fabrication de films, Kodak est sans aucun doute l’un des plus grands perdants du virage numérique. Au sommet de sa gloire, Kodak employait 145.000 personnes. Mais en 2011, l’entreprise a dû demander la protection contre les créanciers. En 2015, la firme a pu laisser l’épisode de la faillite derrière elle après une restructuration en profondeur. Toutefois, Kodak a dû céder la plupart des activités sur lesquelles reposait sa réputation afin de se concentrer sur les services aux entreprises.

Le Defense Production Act devrait sortir l’icône américaine du marasme

Et ce mardi, le président Trump a annoncé que Kodak allait recevoir un prêt de 765 millions de dollars du gouvernement américain dans le cadre de la loi sur la production de défense.

Cette loi, datant 1950, a été réactivée en mai dernier par le président Trump en réponse à la crise du coronavirus. Le Defense Production Act donne au gouvernement fédéral le pouvoir de forcer les entreprises à donner la priorité aux commandes qui émane de lui. En l’occurrence, il s’agissait de faire fabriquer les respirateurs artificiels indispensables pour maintenir les patients atteints de graves troubles respiratoires à cause du Covid-19.

Dorénavant, Kodak va donc fabriquer des principes actifs pour l’industrie du médicament. Principalement pour produire la désormais célèbre hydrochloroquine, dont l’utilisation est très controversée dans le traitement du Covid-19. Le prêt consenti par le gouvernement US s’élève à sept fois la valeur totale de Kodak au moment de l’annonce.

L’annonce a fait l’effet d’une bombe à Wall Street. En quelques heures, le cours de l’action a grimpé de plus de 2.760% par rapport à la semaine précédente.

Le CEO de Kodak n’a pas d’explication

Mais un méga scandale est en gestation. En effet, la veille de l’annonce, 1,6 million d’actions Kodak ont été négociées en bourse, contre une moyenne quotidienne de 70 à 80.000 durant les jours précédents.

Celui qui possédait 100.000 actions Kodak lundi matin pouvait les revendre pour 210.000 dollars. Mercredi matin, ces mêmes actions avaient une valeur de… 5,3 millions de dollars.

Le problème est que l’action Kodak a commencé à monter de manière significative avant que Donald Trump ne fasse son annonce. Lundi, elle avait déjà grimpé de 22%, avec un volume de transactions inhabituellement élevé.

Interrogé à ce sujet par la chaîne d’affaires CNBC, le CEO de Kodak, James Continenza, a déclaré qu’il n’avait aucune explication pour cette soudaine augmentation et que ‘le prêt était un secret bien gardé’.

L’annonce était déjà sur Twitter lundi

Des déclarations très discutables puisqu’une journaliste locale avait tweeté lundi à propos d’une ‘annonce d’un nouveau projet de production qui pourrait changer l’histoire de Rochester – où est basé Kodak – et de toute l’Amérique’. Une information qui a été publiée le même jour sur un site d’info local.

Le CEO de Kodak peut également s’attendre à une visite de la SEC, le gendarme américain des marchés boursiers. En effet, James Continenza a acheté pas moins de 46.737 actions le 23 juin dernier. Un investissement de 103.000 dollars qui valait mercredi 1,8 million de dollars. Le directeur et le directeur financier de Kodak ont également acheté des actions peu après que le gouvernement Trump ait annoncé le retour de la loi sur la production de défense en mai.