Principaux renseignements
- La Russie recense désormais les citoyens résidant à l’étranger condamnés par contumace via une liste noire centralisée.
- Les personnes figurant sur cette liste noire sont passibles d’un gel de leurs avoirs et de la perte des services consulaires essentiels.
- Ces restrictions radicales privent de fait les exilés visés de leurs droits de citoyenneté.
Vladimir Poutine a promulgué une loi qui limite sévèrement les droits des ressortissants russes vivant à l’étranger qui ont été condamnés par contumace pour des crimes ou certaines infractions administratives. Comme le rapporte The Moscow Times, cette loi, adoptée par la Douma d’État et le Conseil de la Fédération fin juillet, met en place une liste noire centralisée permettant de suivre les personnes qui se soustraient à leurs peines.
Infractions
Les restrictions visent les personnes reconnues coupables en vertu du Code pénal ou celles qui enfreignent la réglementation administrative en matière politique. Ces infractions comprennent le non-respect des obligations de déclaration en tant qu’« agent étranger », l’association à des groupes « indésirables », le dénigrement de l’armée russe, le plaidoyer en faveur de sanctions internationales ou la remise en cause de l’intégrité territoriale de la nation.
Pour gérer ce processus, le ministère de la Justice supervisera un registre des contrevenants résidant à l’étranger, le procureur général et son adjoint étant habilités à y inscrire des noms. Cette base de données sera accessible à divers organismes publics, notamment le FSB, la banque centrale, le ministère de l’Intérieur et les autorités fiscales et foncières, afin de garantir l’application stricte des sanctions.
Sanctions financières et consulaires sévères
Une fois qu’une personne figure sur la liste noire, elle se voit interdire l’accès aux services bancaires en ligne et aux services administratifs électroniques via la plateforme Gosuslugi. De plus, l’État gèlera ses avoirs et bloquera toute transaction immobilière. La loi de Poutine les prive également de l’aide consulaire essentielle ; les ambassades refuseront de délivrer de nouveaux passeports, se contentant de fournir une simple attestation d’identité.
De plus, ces citoyens ne peuvent pas s’inscrire en tant qu’indépendants, demander des prêts ou recourir à une procuration pour des transactions juridiques.
Perte de fait de la nationalité
Les analystes juridiques de la Première Chambre estiment que ces mesures sont si exhaustives qu’elles privent de fait une personne de sa nationalité, même si l’État continue de revendiquer sa compétence et exige l’exécution de la peine pénale.
Cette évolution fait suite à une loi distincte adoptée en juin, entrée en vigueur le 1er septembre, qui autorise le gouvernement à saisir les biens situés sur le territoire national de citoyens résidant à l’étranger accusés d’atteinte à l’ordre constitutionnel. En vertu de cette règle, les biens peuvent être confisqués indépendamment de leur valeur ou de leur statut de garantie lors de procès menés par contumace. (fc)
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