Poutine menace de faire sauter l’accord sur les céréales: « Les pays européens se comportent comme des puissances coloniales, empêchant les régions les plus pauvres d’avoir accès à la nourriture »

Vladimir Poutine tente d’accroître la pression sur l’Union européenne de toutes sortes de manières. Il menace maintenant de faire sauter l’accord sur les céréales conclu avec l’Ukraine parce que « l’Union européenne garde presque toutes les céréales pour elle ».

La guerre en Ukraine a un impact non seulement sur les prix de l’énergie, mais aussi sur les prix des denrées alimentaires. Pour certains produits, comme les céréales et l’huile de tournesol, nous sommes largement dépendants de la Russie et de l’Ukraine. La Russie bloque depuis longtemps les exportations de céréales en provenance d’Ukraine, ce qui menace de provoquer une crise alimentaire dans de nombreux pays.

Dans la deuxième quinzaine de juillet, les deux pays belligérants, sous l’impulsion de la Turquie, sont parvenus à un accord sur l’exportation de céréales via la mer Noire. Le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a alors déclaré sur Twitter qu’une catastrophe avait été évitée : « Cela permettra d’éviter une catastrophe due à des pénuries alimentaires pour des millions de personnes dans le monde. C’est un phare d’espoir, d’opportunité et de soulagement. »

Poutine menace de faire sauter l’accord

Mais moins de deux mois plus tard, Poutine menace de faire sauter l’accord. Selon lui, l’Occident en abuse pour importer lui-même toutes les céréales. S’exprimant lors du Forum économique oriental à Vladivostok, le président russe a déclaré que les pays européens se comportaient comme « des puissances coloniales et utilisaient l’accord sur les céréales de manière trompeuse ».

« Ce que nous voyons est une tromperie flagrante… Une tromperie de la communauté internationale envers nos partenaires en Afrique, et d’autres pays qui ont désespérément besoin de nourriture. Ce n’est qu’une arnaque », a-t-il commenté.

Selon Poutine, seuls 3% des céréales ukrainiennes sont exportés vers les pays en développement. « Ils sont à nouveau trompés par les pays occidentaux », a-t-il poursuivi. « Il faudrait peut-être envisager de restreindre l’exportation de céréales et d’autres denrées alimentaires le long de cette route (lire : la mer Noire). »

Poutine a indiqué qu’il allait discuter de la situation avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan. « Après tout, il a contribué à l’élaboration de l’accord sur les céréales », a rappelé le dirigeant russe. Les deux hommes doivent se rencontrer en marge d’un sommet régional organisé par l’Ouzbékistan la semaine prochaine. Xi Jinping, le président de la Chine, devrait également rencontrer son homologue russe.

Les Nations unies réfutent les affirmations de Poutine

Les Nations unies, quant à elles, ont déjà démontré que les affirmations de Poutine étaient fausses. Dans une réaction accordée à CNN, l’organisation a indiqué que dans le cadre de l’accord sur les céréales, environ 30% des « céréales et autres denrées alimentaires » ont fini dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, soit environ 700.000 tonnes.

Selon l’ONU, 10 % des exportations sont allées en Égypte, 5% en Iran, 4% en Inde, 3% au Soudan, 2% au Yémen, 2% au Kenya, 1% en Somalie, 1% à Djibouti et moins de 1% au Liban.

(OD)

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