Pourquoi Trump appelle ses supporters à huer une équipe américaine aux Jeux Olympiques

L’ancien président appelle à attaquer l’équipe féminine de football de son propre pays. Car selon lui, cette équipe a perdu face à la Suède car elle soutient la lutte antiraciste.

Tout sujet est politique : c’est encore plus vrai quand c’est Donald Trump qui s’en empare. Ce samedi, l’ancien président américain s’adressait à la foule de ses supporters à Phoenix, en Arizona, lors d’un « Rally to Protect Our Elections« . Dans cet État qui a soutenu un démocrate pour la première fois depuis 20 ans l’année dernière, le candidat malheureux continue à prétendre qu’il est le vainqueur légitime de la dernière élection présidentielle.

Mais Trump en a aussi profité pour donner son avis sur pas mal de sujets dont les performances américaines aux Jeux olympiques de Tokyo. Selon lui, si l’équipe féminine de football a perdu face à la Suède, c’est à cause du « wokeism. »

« Ça vous ruine en tant que personne »

Un néologisme qui, dans l’esprit de Trump, semble associer à une maladie le fait de se réclamer « woke », c’est-à-dire sensibilisé aux problématiques liées aux discriminations, raciales ou autres. Et qui, selon l’ancien président, vous mène à la défaite: « Ça vous fait perdre, ça ruine votre esprit, et ça vous ruine en tant que personne. Vous devenez perverti, dément. L’équipe américaine de football féminin est un très bon exemple de ce qui est en train de se passer. Elle a perdu par surprise face à la Suède, trois à zéro, et les Américains en étaient heureux. »

Il est vrai que les footballeuses américaines n’ont pas brillé le 21 juillet dernier. De l’aveu même de l’attaquante Megan Rapinoe, elles « se sont fait botter le cul. » Mais l’équipe a ainsi achevé une très belle série de 44 victoires consécutives. Le rapport avec le « wokeism » ? Pour Trump, c’est Rapinoe elle-même.

Problème de genoux

Car la footballeuse est une des sportives de haut niveau les plus engagées sur le plan de l’activisme politique, aux États-Unis. Elle est très impliquée dans de nombreuses associations LGBT, et elle fut la première a soutenir Colin Kaepernick dans sa décision de mettre un genou au sol durant l’hymne national lors de la National Women’s Soccer League de 2016. Un geste de solidarité avec les victimes de violences policières, noires en particulier, qui s’est depuis répandu dans d’autres sports et d’autres pays. Et qui a le don de faire enrager Trump, qui a appelé ses partisans à huer l’équipe nationale américaine de football féminin sous prétexte que les 11 joueuses avaient mis un genou à terre avant le match contre la Suède.

Une attaque qui rappelle la multiplication de hashtags de type « PasMonEquipeDeFrance » sur Twitter durant l’Euro 2020 : un nombre significatif de Français s’étaient désolidarisés de leur propre équipe, lui reprochant de mettre un genou à terre avant les matchs. Voire lui reprochant d’être trop colorée. Une tendance qui avait vite été noyée dans les messages de solidarités envoyés aux Bleus. Mais c’est une tout autre affaire de voir un homme politique, et même un ancien chef d’État, appeler à renier une équipe nationale.

Une attaque qui, en tout cas, n’a certainement pas ébranlé Megan Rapinoe, ni son équipe : les footballeuses américaines l’ont emporté contre la Nouvelle-Zélande, 6 buts à 1, pour exorciser le match précédent. Et elles se préparent à affronter l’Australie. N’en déplaise à Trump.

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