Aux JO de Tokyo, la Corée du Sud choque le Japon: « Elle piétine le cœur des habitants de Fukushima »

Alors que les Jeux Olympiques de Tokyo débutent cette semaine, un incident diplomatique a déjà éclaté entre le Japon et la Corée du Sud. Craignant que ses athlètes n’ingèrent des ingrédients provenant de Fukushima, cette dernière leur a concocté un programme d’alimentation spécifique.

L’accident nucléaire de Fukushima a dix ans, mais ses stigmates sont toujours bien présentes. A fortiori dans l’esprit des autorités olympiques sud-coréennes. Il y a un an, la Comité olympique coréen (KOC) avait déjà annoncé qu’il importerait ses propres ingrédients lors des JO et qu’il utiliserait des détecteurs de radiation pour vérifier les aliments proposés par le Japon.

La délégation sud-coréenne arrivant petit à petit sur place, elle met ces mesures en œuvre. Ainsi, quatorze cuisiniers ont déjà pris leurs quartiers au Japon. Dans leurs bagages, plein d’ingrédients locaux dont, par exemple, des cornichons sud-coréens. Au total, ils prépareront 420 repas par jour pour les athlètes et le staff sud-coréens.

Comme il l’avait annoncé, le KOC procédera bien à des contrôles sur les aliments servis par leur hôte japonais. Leur crainte n°1: les ingrédients provenant de la préfecture de Fukushima, touchée en 2011 par une catastrophe nucléaire.

Le Japon n’apprécie pas du tout

Au Japon, la méfiance de la Corée du Sud passe mal. Masahisa Sato, un parlementaire membre du parti libéral démocrate au pouvoir au Japon, a déclaré au journal japonais Yomiuri Shimbun que le programme alimentaire de la Corée du Sud « piétine le cœur des habitants de Fukushima ».

En plus d’être blessés, les Japonais craignent que cette attitude ne vienne briser la réputation des agriculteurs de Fukushima, qui ont la vie très dure depuis dix ans.

« Les agriculteurs de Fukushima font de gros efforts pour la sécurité et devraient protester comme il se doit. En fait, nous fabriquons beaucoup de produits de haute qualité », a assuré Tomohisa Ishikawa, directeur du Centre de recherche macroéconomique de l’Institut de recherche du Japon.

En ligne, de nombreux internautes japonais ont vivement fustigé la décision de la Corée du Sud, la qualifiant – parmi les propos les moins virulents – de « décevante » et de « désagréable ».

Pas le premier incident du genre

Cet incident n’est pas le premier entre la Corée du Sud et le Japon en marge des Jeux de Tokyo. Ce week-end, la délégation sud-coréenne a ainsi été intimée de retirer du balcon de leurs athlètes des bannières faisant référence aux conflits passés avec leur hôte.

En 2019, la Corée du Sud avait également demandé au CIO d’interdire le Japon d’utiliser son « Drapeau du Soleil levant », symbole du passé impérialiste du Japon.

Enfin, en 2018, aux Jeux d’hiver de Pyeongchang, Le Japon s’était plaint que des supporters brandissent un drapeau de la péninsule coréenne représentant des îles contestées dans la mer qui sépare les deux nations, connues sous le nom de Dokdo en coréen et de Takeshima en japonais.

Bien que leurs liens aient été normalisés en 1965, les relations entre le Japon et la Corée du Sud ont souvent été tendues. Cela est surtout dû à l’occupation de la péninsule coréenne par le Japon dans le passé.

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François Normand
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