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« Nous avons un plan nucléaire ambitieux : 76 réacteurs SMR pour 2036 » – la Pologne met les bouchées doubles pour sa transition énergétique

« Nous avons un plan nucléaire ambitieux : 76 réacteurs SMR pour 2036 » – la Pologne met les bouchées doubles pour sa transition énergétique
Daniel Obajtek – Attila Husejnow/SOPA Images/LightRocket/Sean Gallup via Getty Images

Mardi, Daniel Obajtek, directeur de la société publique polonaise de l’énergie PKN Orlen, a annoncé son intention de construire 76 petits réacteurs modulaires (SMR) dans le pays au cours des 15 prochaines années. La première source d’énergie aujourd’hui est, de loin, le charbon.

Pourquoi est-ce important ?

Au cours de l'année écoulée, il est devenu douloureusement clair pour les pays européens qu'ils ne peuvent plus se contenter d'utiliser les combustibles fossiles russes bon marché. Maintenant, tout le monde est sur le pont pour se diversifier. Mais les pays sont divisés sur la manière de rendre l'Europe indépendante sur le plan énergétique : certains veulent s'appuyer entièrement sur les énergies renouvelables, tandis que d'autres, comme la Pologne, préfèrent compter massivement sur l'énergie nucléaire.

L’essentiel : lors d’une conférence de presse tenue mardi, Obajtek a signé une lettre d’intention dans laquelle PKN Orlen s’engage à collaborer avec des universités polonaises pour approfondir la technologie.

  • « Nous avons un plan ambitieux pour 2038 : construire 76 SMR sur 26 sites en Pologne », déclare Obajtek, selon le journal polonais The First News. « Il s’agira du plus grand investissement dans le domaine de l’énergie, non seulement en Pologne, mais aussi en Europe », a poursuivi le haut responsable de PKN Orlen.
  • La cérémonie a eu lieu dans la capitale polonaise, Varsovie. Le ministre de l’Éducation et des sciences et les représentants de six universités étaient également présents.
  • La déclaration d’intention qu’ils ont signée stipule que le premier SMR devrait déjà être construit en 2028. Dix ans plus tard, 76 réacteurs devraient sortir de terre.
  • Le prix exact n’est pas encore connu, mais Obajtek parle d’un investissement de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Ce qui a déjà été décidé, en revanche, ce sont les emplacements prévus pour les réacteurs. Ceux-ci seront annoncés au cours du premier semestre de l’année.

SMR

Zoom avant : Les SMR pourraient résoudre un certain nombre de problèmes liés aux centrales nucléaires « traditionnelles », selon leurs partisans.

  • Le premier et le plus important reste le prix. Les centrales nucléaires traditionnelles coûtent très cher. Un exemple typique est Hinkley Point C, une centrale nucléaire actuellement en construction dans le Somerset, en Angleterre. Sa construction coûtera au total environ 25 milliards de livres sterling, soit 28 milliards d’euros.
    • Un autre problème avec des centrales comme Hinkley, c’est le temps qu’il faut pour les construire. Cela peut prendre de cinq à dix ans, voire plus dans certains cas.
    • Une autre complication, c’est la taille : les centrales nucléaires ne peuvent être construites que dans un nombre limité d’endroits.
  • Les SMR devraient résoudre ces problèmes. Les réacteurs sont produits en pièces détachées dans des usines (d’où le terme modulaire) et sont ensuite assemblés sur place. Cela devrait rendre l’assemblage beaucoup plus rapide.
  • L’utilisation de modules devrait également permettre de réduire les coûts. Cela devrait garantir que les SMR seront facilement modulables. Il sera plus facile de les construire à différents endroits, car ils sont beaucoup plus petits.
  • Dans certains modèles, les déchets nucléaires contenant des substances radioactives à longue durée de vie pourraient être utilisés comme combustible. Cela résout déjà une partie du problème des déchets : les substances radioactives à longue durée de vie qui pourraient être nocives pendant des milliers d’années sont ainsi transformées en substances qui ne sont radioactives que pendant des centaines d’années.

À noter : la Pologne compte aussi installer ses premières centrales nucléaires classiques. Varsovie a choisi les États-Unis comme partenaire pour cette construction, au nez et à la barbe du président français Emmanuel Macron.

(CP)

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