Pollution: l’OGCI promet de réduire son intensité de carbone

Uitstoot olieproductie
Jacob Ford/AP

L’organisation internationale Oil and Gas Climate Initiative (OGCI), qui compte 12 géants de l’industrie du pétrole et du gaz, s’est pour la première fois ouvertement engagée à réduire son intensité de carbone. Par cette approche, les entreprises concernées tentent de faire retomber la pression que le secteur subit, notamment en raison du changement climatique. 

L’objectif est de faire tomber l’intensité carbone collective moyenne entre 20 et 21 kg d’équivalent CO2 par baril d’ici 2025. En 2017, cette intensité s’élevait à 23 kg. L’OGCI a également prévu la publication d’un rapport annuel sur les performances de ses membres. Les données devraient aussi être vérifiées par une partie indépendante.

Des mesures drastiques

Pour rappel, l’OGCI se compose de la British Petroleum (BP), de Chevron, de la China National Petroleum Corporation (CNPC), de l’Eni, l’Equinor, l’Exxon, l’Occidental, Petroleum, Petrobras, Repsol, Saudi Aramco, Shell et Total. Ensemble, ces sociétés représentent plus de 30 % de la production mondiale de pétrole et de gaz. 

‘Cet objectif est annonciateur d’autres efforts’, a déclaré Bob Dudley, président de l’OGCI et ancien PDG de British Petroleum (BP). ‘Nous pouvons toutefois parler d’une étape importante, même si ces plans représentent un objectif à court terme’, a-t-il ajouté. Ces différentes mesures seront ajustées au fur et à mesure. Elles pourraient par exemple s’étendre à d’autres secteurs, tels que le gaz naturel et le raffinage du pétrole’, ajoute Bob Dudley. 

Pour ExxonMobil, le plus grand producteur américain de pétrole, ces mesures laissent présager des changements importants, car l’entreprise dans a toujours refusé dans le passé de s’incliner face aux pressions des investisseurs pour réduire l’impact environnemental de ses activités. L’an dernier, ExxonMobil avait également refusé de divulguer les chiffres détaillés de ses émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, ‘ExxonMobil’ est favorable aux objectifs fixés par l’OGCI’ a souligné un porte-parole de l’entreprise. 

Des réactions mitigées

L’annonce est néanmoins relativisée. Plusieurs membres qui ont pourtant pris part à l’initiative seraient déjà allés au-delà des objectifs convenus par cet accord. Saudi Aramco, le plus grand exportateur de pétrole au monde, affirme avoir atteint un niveau d’émissions de 10,1 kg l’année dernière. L’Equinor de Norvège a déjà annoncé qu’il sera en mesure de signaler un niveau inférieur à 8 kg d’ici le milieu de la décennie. 

‘Jusqu’ici, les compagnies pétrolières étaient la pièce manquante du puzzle’, a souligné Andrew Grant, analyste au sein du groupe de réflexion Carbon Tracker. ‘Il faut donc se féliciter qu’ils soient disposés à prendre part à la discussion’, a-t-il ajouté. Il ne faut pas oublier non plus que le secteur a encore un long chemin à parcourir, car il est loin des objectifs fixés par l’accord de Paris sur le climat.