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Politique climatique: à quoi la Belgique s’est-elle vraiment engagée?

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Climat

19/02/2020 | Kathy De Schrijver | 10 min de lecture

En mai dernier, une marche pour le climat a été organisée devant le parlement européen pour demander plus d'actions contre le réchauffement climatique. (Isopix)

Les Régions et le Fédéral ont signé ce mercredi leur stratégie Climat pour l’horizon 2050. La diminution des émissions de CO2 est au cœur de l’accord, comme elle l’est aussi dans tous les autres accords sur le climat. Il y en a d’ailleurs un bon paquet...

La Belgique s’est engagée dans différents accords pour la protection de la planète à divers niveaux de pouvoir. C’est ce qui la pousse aujourd’hui à se projeter sur 10 ou 30 ans. Petit rappel des engagements pris par la Belgique:

L’ONU et la COP21

Le plus grand accord sur le climat a été approuvé en décembre 2015 lors de la COP21 à Paris. 195 pays ont signé cet accord. Et la Belgique en fait bien sûr partie.

Le but de l’accord est de limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C par rapport au niveau préindustriel. Pour cela, les pays signataires doivent tendre vers la neutralité carbone et abandonner les énergies fossiles.

Mais l’accord de Paris n’est pas juridiquement contraignant. Aucun pays ne recevra de sanction s’il n’atteint pas les objectifs fixés. Cependant, chaque année, les pays doivent rendre compte de leurs avancées. Et si elles sont considérées comme insuffisantes, le pays s’expose à un énorme lynchage publique et médiatique. Comme ce fut le cas pour la Belgique en 2018.

Discuter avec près de 200 pays venus d’horizons divers n’est pas chose facile. Trouver un accord l’est encore moins. Certains points n’ont pas fait l’unanimité. Du coup, le texte reste très flou sur ce qu’il faut faire exactement pour limiter le réchauffement. Chaque pays doit prendre des mesures en fonction de son comportement écologique actuel.

Les objectifs de développement durable de l’ONU

En septembre 2015, les 193 Etats membres de l’ONU avait déjà adopté l’Agenda 2030, soit un texte reprenant les 17 objectifs du développement durable. Les pays se sont donc engagés à tenter de respecter au mieux ces lignes directrices jusqu’en 2030. Parmi ces objectifs, on retrouve, entre autres:

  • La lutte contre les changements climatiques
  • La préservation de la vie terrestre
  • L’utilisation de l’énergie renouvelable

Ces trois points n’étaient pas aussi explicitement inclus dans l’accord précédant, connu sous le nom des 8 objectifs du millénaire. A croire que les gouvernements ont compris qu’il était temps de protéger notre belle planète.

L’Agenda 2030 est encore moins contraignant que l’accord de Paris. Cependant, il a pour objectif d’impliquer le plus de monde possible. Ainsi, ce ne sont pas seulement les dirigeants qui doivent prendre des décisions dans les sens des 17 objectifs. Les entreprises privées, les associations, les syndicats, les écoles, etc. Tous les membres de la société civile sont invités à y agir pour plus de durabilité.

Le cadre d’action européen en matière de climat et d’énergie

Pour cet accord, on reste à un niveau international, mais on zoome sur l’Union européenne. En 2014, le Conseil européen a adopté le cadre d’action en matière de climat et d’énergie d’ici à 2030. Cet accord est beaucoup plus précis quant aux objectifs à atteindre:

  • 40% d’émission de CO2 en moins par rapport à 1990;
  • 32% d’énergie renouvelable en plus;
  • Amélioration de 32,5% des performances énergétiques.

C’est précis en tout cas. Et pour être sûr que l’accord soit respecté, l’UE a mis en place un agenda millimétré. A la fin 2018, tous les pays devaient présenter leur projet de ‘plan national énergie climat’. Et en 2019, le plan final devait être remis afin de commencer en 2020 à mettre la stratégie en place. L’Union européenne espère ainsi respecter ses engagements à la COP21. Au moins, il y en a une qui fait des efforts.

L’Union européenne veut voir à plus long terme. Et en 2018, elle a demandé à ses membres de réfléchir à une stratégie qui mènerait à une économie neutre en carbone pour le climat d’ici 2050. Les pays ont donc dû repenser leurs plans d’action pour qu’ils respectent ce nouvel engagement.

Le Green deal européen

L’Union européenne ne s’est cependant pas arrêtée là. En décembre 2019, elle a proposé son Green deal pour 2050. Et on peut dire qu’elle voit les choses en grand. L’Europe veut être le premier continent climatiquement neutre. Rien que ça. Pour vous expliquer comment elle va faire, rien de mieux qu’une petite vidéo:

Ce green deal semble enfin offrir des solutions concrètes pour empêcher le réchauffement climatique. Mais les propositions viennent surtout en appui aux mesures nationales. L’Union européenne offre ainsi des financements pour promouvoir le développement durable. La Belgique devrait recevoir 68 millions d’euros. Elle avait demandé 7,5 milliards, mais bon, il parait que nous sommes finalement assez bien équipés en technologie innovante pour la transition écologique.

La Belgique et son houleux plan national énergie climat (PNEC)

Maintenant que la Belgique s’est engagée dans tous ces accords pour le climat, elle doit définir sa propre stratégie pour les respecter. Et c’est vraiment là que ça devient compliqué. Parce qu’au fond, dire qu’il faut diminuer les émissions de gaz à effet de serre et augmenter les énergies renouvelables, ce n’est pas très difficile. Mais organiser concrètement cette transition, c’est beaucoup plus complexe, surtout quand il faut que quatre entités distinctes se mettent d’accord.

En Belgique, les compétences énergétiques et climatiques sont réparties entre les Régions et le Fédéral. Ainsi, par exemple, la Wallonie, la Flandre et Bruxelles prennent des décisions séparées en ce qui concernent les énergies renouvelables, mais le niveau fédéral s’occupe des centrales nucléaires et des éoliennes offshore. Il faut donc s’organiser entre les différents niveaux de pouvoir et pour ça, rien de mieux que la communication. Mais bon, en Belgique, on n’est pas vraiment doué pour ça. Il suffit de voir dans quel pétrin institutionnel nous sommes pour le comprendre.

Respect des délais

En décembre 2019, la Belgique a réussi à rendre à l’Europe son plan climat, même s’il avait été jugé assez décevant par beaucoup. La Wallonie vise une diminution de 55% des émissions de CO2. La Région de Bruxelles-Capitale veut atteindre une diminution d’au moins 40%. Et la Flandre traîne les pieds en proposant seulement une réduction de 32,6%, ce qui est en dessous du seuil proposé par l’Europe.

Mais le combat n’était pas fini, puisque la Belgique devait aussi rendre sa stratégie pour 2050, fin 2019. Elle a pris un peu de retard. Mais ça y est, c’est chose faite depuis ce mercredi matin. Les différentes entités se sont mises d’accord pour dire que la neutralité carbone pour 2050 était, à l’heure actuelle, inenvisageable. Les Régions proposent une diminution entre 85 et 95% des émissions de CO2, sans compter les grosses industries et l’aéronautique qui bénéficient d’un système d’échange de quotas avantageux. Le problème vient peut-être du fait que ce pacte n’est qu’une compilation des plans régionaux et fédéraux, ce que déplore par ailleurs la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). La Belgique ne possède donc pas de stratégie climatique cohérente pour 2050.

Le pacte énergétique interrégional

Si vous avez bien suivi, on a parlé des diminutions des émissions de gaz à effet de serre, mais pas de l’augmentation des énergies renouvelables. Cette partie se trouve dans le pacte énergétique interrégional signé l’année passée par les quatre ministres de l’Energie. Ce pacte s’accorde sur le mix énergétique qui sera développé dans les prochaines années. Il prévoit ainsi la fin de l’énergie nucléaire. Cette abondante source sera remplacée par des énergies renouvelables qu’il va falloir fortement développer et par de nouvelles centrales au gaz. En outre, la Belgique voudrait que sa consommation d’électricité soit entièrement couverte par les énergies renouvelables d’ici 2050.

Au final, les différents accords se répètent et s’imbriquent les uns dans les autres. De plus, ce ne sont pour l’instant que des mots sur papier. Les décisions concrètes et pratiques sont encore trop peu nombreuses. Les experts du GIEC sont d’accord. Au rythme où l’on va, nous atteindrons un réchauffement climatique de plus de 1,5°C entre 2030 et 2052, soit bien plus vite que ce qui avait été conclu lors de la COP21.

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Source: BusinessAM


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