L’augmentation de la production d’énergie éolienne et solaire, ainsi que le recours accru à l’énergie nucléaire, domineront la croissance de l’offre énergétique mondiale au cours des trois prochaines années. Cela contribuera à atténuer l’impact de l’augmentation de la consommation d’énergie sur les émissions de gaz à effet de serre. Tel est le message d’un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
« Le point de basculement des émissions de gaz à effet de serre est très proche, grâce à l’électricité »

Pourquoi est-ce important ?
Les énergies renouvelables et l'énergie nucléaire connaîtront une croissance suffisamment rapide au cours des trois prochaines années pour répondre presque entièrement à la demande supplémentaire d'approvisionnement en énergie, selon les estimations de l'Agence internationale de l'énergie. Selon l'agence, c'est une bonne nouvelle. En effet, cette observation suggère que le point de basculement des émissions de gaz à effet de serre du secteur de l'énergie (à partir duquel les émissions commencent à baisser, même si la production augmente) est désormais très proche.La demande mondiale d’énergie enregistrera une croissance moyenne de 3% au cours des trois prochaines années, selon le rapport.
- Cela correspond à un volume de 29.281 térawattheures (TWh), soit environ le double de la consommation actuelle d’un pays comme le Japon.
- C’est plus que la croissance de la demande de l’année dernière (2%).
- « À cet égard, il y a un plus grand besoin d’énergie renouvelable », affirme Fatih Birol, président de l’Agence internationale de l’énergie.
- « En effet, l’augmentation de la demande énergétique mondiale a un lien évident avec le changement climatique. »
- « Les vagues de chaleur ont entraîné la demande d’électricité la plus élevée de l’histoire de l’Inde. D’autre part, les sécheresses estivales ont réduit l’approvisionnement en énergie hydroélectrique en Europe », peut-on lire. Elles avaient aussi impacté la production d’énergie nucléaire.
L’Asie-Pacifique est le marché à plus forte croissance : la part de l’énergie éolienne et solaire dans la production mondiale d’électricité devrait atteindre 35% d’ici le milieu de la décennie, contre 29% l’année dernière.
- La plus forte augmentation de la production d’énergie renouvelable est attendue dans la région Asie-Pacifique, avec un taux de croissance annuel moyen de 11,6%. Suivi par l’Europe (9,4 %) et par l’Amérique du Nord et du Sud (5%).
- L’Asie domine également la hausse de la demande. Plus de 70% de la demande supplémentaire devrait provenir de la Chine, de l’Inde et de l’Asie du Sud-Est, bien qu’il soit noté que les tendances en Chine restent incertaines.
- L’offre nucléaire, quant à elle, devrait croître à un taux annuel moyen de 3,6% jusqu’au milieu de cette décennie.
- La plus forte augmentation est attendue au Moyen-Orient, où l’on s’attend à une hausse moyenne de 24,5% pour atteindre 50 térawattheures, suivie par l’Asie-Pacifique (6,6%) et l’Europe (4,2%).
- Le rapport note aussi que la production des centrales électriques au gaz en Europe devrait encore baisser, mais ajoute qu’une augmentation significative de la production au gaz au Moyen-Orient compensera largement cet effet.
- La production européenne au gaz se contracterait, de 822 TWh l’année dernière, à 581 TWh d’ici le milieu de la décennie. Les émissions de dioxyde de carbone diminueraient d’environ 10 % par an, pour atteindre 763 tonnes en 2025.
- En revanche, la production d’énergie via le gaz au Moyen-Orient augmenterait en moyenne de 12,4% par an pour atteindre 1.094 TWh. Dans le même temps, les émissions de dioxyde de carbone baisseraient en moyenne de 1,9% pour atteindre un niveau de 14 tonnes. Cela doit être attribué à la réduction de l’utilisation du charbon, qui ne représentera plus que 4 TWh d’énergie en 2025.
(CP)