100 000 petites entreprises grecques sont récemment passées dans l’économie souterraine

En Grèce, près de 60 000 travailleurs indépendants et petites entreprises ont officiellement cessé leurs activités au cours des derniers mois en raison des augmentations d’impôts et de charges sociales qui ont été introduits à la demande des créanciers du pays pour tenter de le renflouer. C’est ce que la Chambre de l’Economie grecque a indiqué, précisant que ce nombre devrait prochainement atteindre 100 000. Une grande partie de ces petites entreprises survivent dans le marché noir, lequel n’a jamais été aussi florissant. Pour l’Etat, le manque à gagner en recettes fiscales et sociales se chiffre en milliards d’euros chaque année.Désormais, près d’un quart de l’économie grecque n’est pas déclarée, a montré une enquête du Dianeosis research group. Le travail au noir représente 40 millions d’euros par an, soit les deux tiers de l’économie souterraine.Certains expliquent qu’ils n’ont guère le choix, comme Theodore Fessas, de l’Association grecque des industriels SEV : «Si chaque PME déclarait l’intégralité de son chiffre d’affaires, elles seraient toutes obligées de fermer », dit-il.En Grèce, les charges sociales atteignent 50 % du total de la masse salariale, près du double des prélèvements appliqués dans les pays prospères de l’Union européenne. Des calculs récents montrent que l’évasion fiscale atteint maintenant 16 milliards d’euros, soit 9 % du PIB grec. « Les Grecs sont trop incités à frauder le fisc », estime Fessas.

Des conséquences néfastes

En conséquence, le fardeau de l’impôt retombe sur les employés enregistrés à plein temps qui n’ont pas la possibilité de dissimuler leurs revenus. C’est ainsi que 120 000 personnes, soit 1,6 % de la population, contribuent pour un tiers des recettes de l’impôt sur le revenu.Les petites entreprises qui ne déclarent pas une partie de leurs activités sont aussi confrontées à une difficulté : elles ne peuvent emprunter, de peur de devoir révéler l’ampleur réelle de leur exploitation. Ainsi, elles sont dans l’impossibilité de se développer… alors que l’économie en aurait tant besoin.