Principaux renseignements
- Des pirates informatiques à la solde de l’État russe ont infiltré des agences gouvernementales et de défense de l’OTAN afin de voler des renseignements nucléaires et militaires.
- Les attaquants ont exploité une faille rare dans les e-mails pour prendre le contrôle de comptes sans avoir besoin de liens ni de pièces jointes.
- Moscou utilise l’Ukraine comme terrain d’essai pour perfectionner ses cyberarmes avant de cibler les réseaux occidentaux.
Une alerte de sécurité conjointe émise par les États-Unis et plus d’une dizaine de pays partenaires a révélé une opération de cyberespionnage orchestrée depuis un an par des pirates informatiques affiliés à l’État russe.
Cette opération visait spécifiquement des agences gouvernementales, des entreprises du secteur de la défense et des scientifiques nucléaires aux États-Unis et dans d’autres États membres de l’OTAN.
Objectifs stratégiques
L’objectif principal de cette infiltration était d’obtenir des renseignements de grande valeur sur les technologies de défense et la recherche de pointe en matière de fusion nucléaire.
Les experts estiment que les données volées étaient destinées à renforcer les capacités militaires de la Russie dans le cadre de son conflit en cours avec l’Ukraine.
Méthodes d’intrusion sophistiquées
Les attaquants ont utilisé une méthode sophistiquée pour s’introduire dans les systèmes, en exploitant une faille peu courante dans un logiciel de messagerie. Cette vulnérabilité a permis aux pirates de prendre le contrôle des comptes simplement en amenant la cible à ouvrir un message malveillant ; contrairement au phishing classique, il n’était pas nécessaire de télécharger de pièces jointes ni de cliquer sur des liens.
Une fois l’accès obtenu, les intrus pouvaient récupérer l’intégralité des listes de contacts de l’organisation ainsi que jusqu’à quatre-vingt-dix jours d’historique des e-mails.
Le lien avec l’espionnage russe
Cette activité est liée à une cellule d’espionnage russe connue qui sonde fréquemment les réseaux de défense et gouvernementaux occidentaux.
Le ministre britannique de la Sécurité, Dan Jarvis, a souligné que Moscou peaufine souvent ces armes numériques en Ukraine avant de les déployer contre des cibles de l’OTAN.
Réponse des forces de l’ordre
Des efforts sont en cours pour démanteler ce réseau. Un citoyen russe âgé de 30 ans, soupçonné d’avoir participé à ce complot, a été appréhendé en Thaïlande l’année dernière, puis transféré à Boston pour y être jugé.
Brett Leatherman, de la division cybercriminalité du FBI, a observé une nouvelle recrudescence des cyberattaques russes contre les États-Unis, après une brève accalmie survenue au début de l’invasion de l’Ukraine.
Cette campagne s’inscrit dans une stratégie plus large visant à dépouiller les secteurs scientifiques et gouvernementaux critiques de leurs informations stratégiques. Elle fait suite à d’autres violations récentes, telles que la découverte par les services de renseignement néerlandais que la Russie avait piraté des caméras de sécurité sur l’ensemble du territoire de l’OTAN afin de suivre les approvisionnements militaires à destination de l’Ukraine.
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