Pékin et Shanghai respirent enfin, mais la volonté du Parti communiste de tout contrôler montre que la Chine n’en a pas fini avec le Covid

Les deux plus grandes villes de Chine sont parvenues à maîtriser le Covid-19. Plus aucune infection n’a été détectée, ont annoncé les autorités ce lundi. La fin d’un cauchemar qui a duré près de quatre mois pour leurs habitants. Mais la politique « zéro covid » de la Chine est telle que d’autres confinements ne sont pas à exclure dans les prochaines années.

Une bonne nouvelle pour l’économie chinoise, et donc mondiale. Voilà la capitale de la Chine et son centre économique débarrassés (en tout cas provisoirement) du Covid. Les mesures de confinements ont été si strictes que le moment est vécu là-bas comme une véritable libération.

Pas un seul cas de Covid à Pékin et Shanghai donc, et 22 cas en tout dans le pays, si l’on en croit les chiffres des autorités. Il est ainsi possible de maitriser l’épidémie avec un virus aussi contagieux qu’Omicron et ses variants.

Mais cela s’est fait au détriment d’une très large liberté et avec un coût pour l’économie. L’objectif de croissance avait été fixé à 5,5% pour 2022, les économistes tablent maintenant sur 4,2%. 1,3% de PIB, ce n’est pas rien.

À Pékin, il y a aussi une nouvelle normalité: les habitants sont toujours obligés de montrer à tout bout de champ un code vert sur leur smartphone, et ils doivent passer un test tous les trois jours pour entrer dans n’importe quel lieu public, restaurants, magasins, transports en commun, etc.

« Plusieurs années »

On pourrait néanmoins estimer que la Chine a réussi son pari d’éradiquer le virus, avec une politique à contre-courant du reste du monde, qui a lui décidé « de vivre avec ».

Mais cette politique l’enferme dans une logique sans fin: la manie du Parti communiste à vouloir tout contrôler. Plusieurs membres du Parti se sont adressés aux Congrès locaux ces derniers jours, insistant sur le fait que les règles seraient maintenues.

Sur le site du Beijing Daily, un article indiquant que le Parti communiste entendait appliquer une tolérance zéro contre le Covid « durant les 5 prochaines années » a été retiré, rapporte Bloomberg. Pourtant, cet article, qui a fait le tour des réseaux sociaux, se basait sur plusieurs sources internes au Parti.

Le moindre cas pourrait mener au confinement d’une grande ville. D’ailleurs, en dehors de Pékin et Shanghai, d’autres villes chinoises restent sous surveillance stricte.

Au moins cinq villes et provinces-clés ont déclaré que les mesures de contrôle du virus seraient maintenues. À commencer par le pôle technologique de Shenzhen, qui est sous les feux de la rampe, car Xi Jinping devrait y séjourner plus tard cette semaine, à l’occasion de la célébration du 25e anniversaire de la rétrocession d’Hong Kong aux Chinois. 5 infections y ont été détectées. Même chose pour la ville portuaire de Tianjin, dans le nord du pays, avec 4 infections.

Reste à voir combien de temps la Chine s’enfermera dans cette politique de zéro Covid. Pour le moment, le Parti communiste estime que les coûts sociaux et économiques ont été limités et ont surtout permis d’éviter le pire.

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