Passer plus de 20 minutes dans votre voiture chaque jour est dangereux pour votre santé

(Isopix)

Si l’intérieur d’une voiture peut nous apporter un certain sentiment de sécurité, cet habitacle est en réalité bien plus dangereux pour notre santé que nous le pensons. L’air y est chargé en benzène et formaldéhyde, deux cancérigènes connus. Leur quantité est si importante qu’il suffit d’un trajet de 20 minutes pour être exposé à des niveaux plus élevés que les recommandations sanitaires.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le benzène et le formaldéhyde ne viennent pas uniquement de la combustion de notre carburant. Les gaz que dégage une voiture avec un moteur thermique sont évidemment dangereux pour la santé. Mais ces deux substances proviennent surtout des tapis de la voiture ou de la peinture de la voiture, sur lesquels ils sont souvent enduits. Ils se retrouvent alors tout naturellement dans l’air ambiant de la voiture.

En seulement 20 minutes, 10% des utilisateurs de la voiture auront inhalé un niveau de benzène et de formaldéhyde au-dessus des niveaux recommandés, explique une étude californienne. Ces deux composés chimiques sont connus pour provoquer des risques de cancers mais aussi de développement lors de la grossesse ou en pendant l’enfance.

Navette

Cette nouvelle concerne une grande partie de la population belge. De nombreux travailleurs passaient en moyenne 40 minutes dans leur voiture chaque jour en 2019. Avec le télétravail obligatoire, ces chiffres ont certainement diminué, le nombre de voitures sur les routes étant moins important. Mais il ne s’agit (du moins on l’espère) que d’une parenthèse.

Toutes ces personnes ne vont pas développer un cancer. Mais plus elles prendront la route longtemps, plus elles risquent d’être exposées à ces substances et d’en subir les conséquences. Des études plus anciennes ont montré que les chauffeurs de taxi, qui passent par principe énormément de temps dans leur voiture, ont plus de risque de développer certains cancers.

Toutefois, chaque voiture est différente. ‘Il existe une gamme d’expositions qui dépend de la durée pendant laquelle vous êtes dans la voiture et de la quantité de composés que votre voiture émet’, explique Aalekhya Reddam, principale auteur de l’étude. D’autres facteurs entrent également en compte: la température dans l’habitacle, le taux d’humidité, l’âge de la voiture, la ventilation, etc.

Ouvrir les fenêtres: mauvaise idée

Le journal USA Today, qui a repris cette étude, donne comme solution à ce problème d’ouvrir les fenêtres pour renouveler l’air. Mais ce n’est pas toujours une bonne idée, surtout si vous circulez souvent en ville ou sur l’autoroute.

Dans les villes, surtout en heures de pointe, la pollution de l’air est telle qu’ouvrir la fenêtre revient à vous exposer à des gaz encore plus toxiques. Maintenir les fenêtres fermées permet, selon une étude du Global Centre for Clean Air Research, de diminuer le nombre de particules fines inhalées de 80%.

En outre, sur l’autoroute, rouler les fenêtres ouvertes diminue l’aérodynamique de votre voiture. Elle a donc besoin de plus de puissance pour vous faire rouler à la même vitesse. La surconsommation d’essence à vitesse élevée est évaluée à 5%. Éviter les trous d’air permet donc de réduire vos dépenses en essence et vos productions de gaz toxiques. L’air conditionné, quand il fait chaud, cause le même problème.