Panne de Facebook, Instagram et WhatsApp : que s’est-il passé ?

Raison politique, attaque extérieure ou « simple » problème de DNS, qu’est-ce qui a causé l’importante panne qui a affecté les différents services de Facebook pendant plusieurs heures? L’entreprise américaine s’est finalement décidée à livrer quelques détails.

Les pistes avancées pour tenter d’expliquer la panne mondiale à laquelle a fait face l’entreprise de Mark Zuckerberg – qui a coûté 7 milliards de dollars à son PDG – le lundi 4 octobre furent nombreuses. Certaines se voulaient d’ailleurs plus scandaleuses que d’autres, mais au final, l’origine du problème n’aurait rien de très sensationnel.

Des raisons politiques ?

Pendant tout un moment, il fut question que l’inaccessibilité des réseaux sociaux appartenant à Facebook (WhatsApp, Instagram et Messenger) soit liée aux récentes accusations d’une ancienne employée à son encontre. Cette dernière a en effet affirmé dans une interview pour CBS que Facebook privilégiait son profit au bien-être de ses utilisateurs. Étant donné que les contenus haineux et les fake news font le plus réagir sur la plateforme, Facebook aurait tendance à éviter de les modérer trop fortement.

Des accusations fracassantes auxquelles l’entreprise américaine n’a pas manqué de réagir. La panne mondiale est d’ailleurs survenue au moment même où la directrice de la sécurité au sein de Facebook, Antigone Davis, a pris la parole sur CNBC pour démentir les accusations. Certains y ont vu un lien.

Or, étant donné que l’action de Facebook a plongé en bourse et que Mark Zuckerberg a perdu 7 milliards de dollars durant les quelques heures de panne, on peut se demander si le jeu en aurait vraiment valu la chandelle.

Une attaque externe ?

Certains ont avancé qu’il s’agissait d’un piratage BGP, à savoir une attaque qui permet de rediriger les internautes pour qu’ils ne puissent pas se connecter à tel ou tel site. « Un détournement de BGP est un peu comme si quelqu’un devait changer tous les panneaux sur un tronçon d’autoroute et rediriger le trafic automobile vers des sorties incorrectes », explique le site CloudFlare.

L’entreprise de Mark Zuckerberg aurait donc été la cible d’une importante attaque pirate qui aurait fonctionné ? Difficile à imaginer et pourtant, le chaos qui a régné au sein même de l’entreprise a nourri cette hypothèse. Selon le New York Times, les badges des employés ont été désactivés et les systèmes de communication interne ne répondaient plus, obligeant les employés à communiquer par mail ou par SMS.  

À moins que la panne fût simplement liée à un problème de DNS, autre hypothèse avancée. Le « Domain Name System » est en service indispensable pour qu’un nom de domaine – Facebook.com, par exemple – puisse renvoyer les internautes vers l’adresse du site demandé.

Une paralysie en cascade

La panne de 6 heures qui a affecté Facebook aurait, in fine, été causée par un « changement de configuration défectueux » de ses serveurs, a indiqué la société américaine.

Ce « simple » changement de configuration défectueux de ses serveurs aurait eu des répercussions en cascade au sein de l’entreprise, entrainant un dysfonctionnement à plusieurs niveaux au sein de Facebook : noms de domaine qui ne répondent plus, systèmes de communication interne inaccessibles, badges des employés désactivés… Il aura fallu redémarrer manuellement les serveurs de Facebook au sein du principal data center de l’entreprise, situé en Californie, pour régler le problème.

« Nos équipes d’ingénieurs ont appris que les changements de configuration sur les routeurs backbone qui coordonnent le trafic réseau entre nos centres de données ont causé des problèmes qui ont interrompu cette communication. Cette perturbation du trafic réseau a eu un effet en cascade sur la façon dont nos centres de données communiquent, entraînant l’arrêt de nos services », a détaillé l’entreprise américaine dans un communiqué, en renouvelant une fois encore ses excuses pour la gêne occasionnée.

Pendant ces quelques heures où les réseaux sociaux de Facebook ont été inaccessibles, son principal concurrent, Twitter, a été la star du moment. Le réseau social s’est d’ailleurs amusé de la situation avec tweet « bonjour à littéralement tout le monde ».

Une période difficile pour Facebook

Outre les accusations concernant ses intérêts qu’il fait passer avec le bien-être de ses utilisateurs, Facebook a également fait l’objet de nombreuses critiques à la suite de récentes révélations du Wall Street Journal. Le média américain a en effet révélé en septembre dernier des documents internes qui montrent que l’entreprise de Mark Zuckerberg est consciente, et ce, depuis plusieurs années déjà, de l’impact négatif d’Instagram sur la santé mentale de ses jeunes utilisateurs.

Des révélations qui ont poussé le Sénat américain à mener l’enquête et à faire pression sur l’entreprise américaine pour qu’elle stoppe son projet de développement d’une version d’Instagram pour enfant.

Depuis le début du mois de septembre, le titre de Facebook a perdu 15 %, dont 4,89% en 24 heures seulement, suite aux dernières accusations à son encontre et la panne mondiale qui a affecté l’ensemble de ses services.

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