Principaux renseignements
- Oman préconise la création de nouveaux couloirs maritimes pour le transport du GNL afin de contourner le détroit d’Ormuz.
- L’instabilité régionale menace la sécurité énergétique mondiale en raison des attaques contre les gazoducs et des perturbations maritimes.
- L’enlisement des efforts diplomatiques expose les voies maritimes stratégiques à une escalade de la violence.
Lors d’un récent rassemblement de négociants et de producteurs de gaz à Bangkok, le ministre omanais de l’Énergie et des Minéraux, Salim Al-Aufi, a souligné l’urgence de mettre en place de nouveaux couloirs de transport pour le gaz naturel liquéfié. Mettant en avant l’instabilité qui règne dans le golfe Persique, Al-Aufi a exhorté les parties prenantes à explorer diverses alternatives d’exportation — notamment des itinéraires passant par le Yémen, Oman ou vers le nord — afin de réduire la dangereuse dépendance vis-à-vis du détroit d’Ormuz.
Diversification des voies d’exportation
Cette volonté de diversification intervient alors que l’instabilité régionale menace l’approvisionnement énergétique. Si Oman dispose déjà d’un terminal d’exportation sur sa côte est qui contourne le détroit, d’autres entités, telles qu’Adnoc Gas, étudient désormais le développement d’installations situées en dehors de ce goulet d’étranglement critique.
Le conflit actuel a mis en évidence la vulnérabilité économique des pays du Golfe qui dépendent presque exclusivement d’un seul passage maritime pour une part importante de l’approvisionnement mondial en GNL.
Les Houthis
L’instabilité de la région a été encore accentuée par une forte hausse des cours du pétrole, qui ont augmenté de plus de 3 pour cent à la suite des attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite. Ces attaques ont entraîné la suspension d’un oléoduc vital de 1 200 km destiné à acheminer le pétrole d’est en ouest.
Parallèlement, l’ingérence iranienne dans le trafic maritime a amplifié les craintes concernant la stabilité de la distribution énergétique mondiale.
Report des pourparlers diplomatiques
Les efforts diplomatiques visant à résoudre ces tensions sont au point mort. Une réunion prévue entre l’Iran et d’autres États du Golfe, destinée à discuter d’un accord sur la gouvernance du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, a été reportée.
Le ministre des Affaires étrangères d’Oman a indiqué que ce report était nécessaire pour garantir un consensus, tandis que les responsables iraniens ont précisé qu’il s’agissait d’une décision conjointe prise avec Mascate afin de trouver une date plus appropriée.
Le danger persiste
Le danger lié à la poursuite de l’utilisation du détroit a été mis en évidence par des informations récentes faisant état d’un navire touché par un projectile, ce qui a provoqué un incendie et des évacuations d’urgence. Les autorités iraniennes ont confirmé qu’il y avait eu des victimes à bord d’un navire marchand à la suite d’un incident similaire.
En conséquence, les données sur le trafic maritime révèlent une baisse spectaculaire du trafic, le nombre quotidien de traversées de navires tombant à moins de dix — bien en deçà des moyennes récentes —, même si certains navires pourraient échapper à la détection en désactivant leurs systèmes de suivi. (fc)
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