Principaux renseignements
- Les forces soutenues par l’Iran menacent le transit pétrolier essentiel en s’emparant de couloirs stratégiques de la mer Rouge.
- L’Arabie saoudite est confrontée à de graves risques énergétiques suite aux attaques contre les oléoducs et aux avancées territoriales des Houthis.
- Les responsables américains s’opposent à une intervention militaire directe en raison d’une profonde lassitude face aux combats.
Les perspectives d’exportation de pétrole via la mer Rouge se détériorent rapidement à mesure que les forces soutenues par l’Iran renforcent leur emprise sur des couloirs maritimes essentiels. L’Arabie saoudite a récemment suspendu l’exploitation de son oléoduc est-ouest vital à la suite d’attaques de drones menées par des milices basées en Irak. Cette infrastructure est essentielle pour le Royaume, car elle permet à des millions de barils de pétrole de contourner le détroit d’Ormuz, théâtre d’instabilité, en acheminant l’énergie vers le port de Yanbu, sur la mer Rouge.
Houthis contrôlent le détroit de Bab al-Mandab
Dans le même temps, les rebelles houthis au Yémen ont considérablement étendu leur contrôle territorial, s’emparant du port de Mokha et des îles stratégiques de Zuqar et de Perim. La prise de Perim est particulièrement alarmante, car son emplacement au point le plus étroit du détroit de Bab al-Mandab permet aux Houthis de surveiller et potentiellement de bloquer les voies maritimes à l’aide d’une panoplie d’armes, allant des drones sophistiqués à l’artillerie de roquettes rudimentaire.
Ce gain stratégique, associé aux restrictions imposées par l’Iran dans le détroit d’Ormuz, confère à Téhéran un levier sans précédent sur deux des points de transit pétroliers les plus importants au monde.
Réaction de l’Arabie saoudite
En réponse aux attaques contre les oléoducs, le gouvernement saoudien s’est abstenu de toute riposte immédiate afin de permettre au gouvernement irakien de remédier à cette faille de sécurité. Bagdad a agi rapidement, limogeant un commandant militaire régional après avoir confirmé que les attaques provenaient du territoire irakien.
Dans le même temps, les Houthis ont affirmé que leur blocus maritime ne viserait que les navires saoudiens, assurant que tous les autres navires commerciaux restaient à l’abri. Cependant, l’histoire montre que ces assurances ne sont pas fiables, car les déclarations précédentes des Houthis concernant la portée de leurs attaques se sont révélées fausses lors du conflit entre Israël et le Hamas.
Implication des États-Unis
Les répercussions géopolitiques ont déjà ramené les États-Unis dans la tourmente, bien que dans une mesure limitée. Selon certaines informations, environ 200 conseillers militaires américains se trouvent actuellement en Arabie saoudite pour fournir des renseignements et une assistance au ciblage par le biais d’un nouveau commandement conjoint.
Malgré cela, l’administration Trump a résisté aux appels du prince héritier Mohammed ben Salmane visant à lancer des frappes aériennes directes contre les Houthis. Les responsables américains soutiennent que, s’ils protégeront la liberté de navigation, ce sont les alliés régionaux qui doivent mener l’effort militaire.
Prix du pétrole
Cette hésitation découle d’une grave fatigue militaire. Les forces armées américaines sont déjà mises à rude épreuve par les conflits en cours avec l’Iran, qui entraînent des pertes humaines et matérielles importantes. Les responsables militaires ont averti que l’ouverture d’un deuxième front contre les Houthis pourrait compromettre la sécurité nationale et réduire la capacité de l’armée à répondre à d’autres crises mondiales.
Alors que les cours du Brent oscillent entre 104 et 109 dollars, le monde reste suspendu à un scénario de « somme de toutes les craintes » où les flux pétroliers provenant à la fois du golfe Persique et de la mer Rouge pourraient être interrompus. Les craintes d’une forte hausse du prix du pétrole ne cessent de s’intensifier. (fc)
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