Nos appareils ménagers, conçus pour tomber en panne de façon programmée

[PICTURE|sitelpic]Le Monde rapporte qu’une étude publiée par le Centre européen de la consommation (CEC), intitulée « L’obsolescence programmée, dérive de la société de consommation », accrédite de la thèse selon laquelle les fabricants de nombreux appareils de notre vie quotidienne réduisent artificiellement la durée de vie de ces appareils afin d’obliger les consommateurs à les remplacer, et de s’assurer ainsi des ventes à l’avenir. C’est ce qu’on appelle l’obsolescence programmée.

Lydie Tollemer, une étudiante qui a rédigé un mémoire dans ce domaine, a exposé les différentes stratégies qu’adoptent les industriels pour réduire délibérément la durabilité de leurs produits :

✓ Le défaut fonctionnel. Une pièce particulièrement fragile est intégrée dans l’appareil. Lorsque cette pièce tombe en panne, celui-ci cesse de fonctionner, ce qui nécessite sa mise au rebut.

– Les machines à laver seraient ainsi conçues pour ne réaliser qu’entre 2000 et 2500 lessives. La cuve de la machine qui était autrefois en inox a été remplacée par une cuve de plastique, qui peut se casser avec des pièces de monnaie au moment de l’essorage, et qui est vulnérable aux hautes températures.

– Les télévisions seraient conçues pour ne fonctionner que 20.000 heures. A l’intérieur, le condensateur, une pièce nécessaire à l’allumage, serait le responsable de la plupart des pannes.

✓ Les téléphones portables et les smartphones sont aussi victimes de défauts fonctionnels, mais ils connaissent également l’obsolescence programmée indirecte. C’est la non disponibilité sur le marché des accessoires de remplacement de ces appareils, tels que les batteries, ou les chargeurs, qui provoque leur mise au rebut.

✓ L’obsolescence par incompatibilité. C’est celle qui résulte de l’évolution rapide de la technologie associée à l’appareil. On peut par exemple citer la multiplication des applications pour smartphones, dont la plupart ne sont développées que pour être compatibles avec les modèles les plus récents.

✓ L’obsolescence esthétique. Les consommateurs sont toujours avides de nouveauté, et ils renouvellent leur téléphone portable en moyenne tous les 20 mois.

✓ L’obsolescence par notification. C’est celle des imprimantes qui indiquent à l’utilisateur qu’il faut changer la cartouche d’impression au terme d’un nombre de copies déterminé, alors que celle-ci n’est même pas totalement vide. « C’est l’imprimante qui rend la cartouche d’encre obsolète », note le CEC. Parfois, l’imprimante elle-même se bloque définitivement au terme d’un certain nombre de copies.

Les consommateurs peuvent lutter contre ces pratiques, en effectuant eux-mêmes les réparations de leurs appareils, précise le Monde. Il indique Ifixit.com, un site internet dans lequel on peut consulter des vidéos de démonstration de réparations d’appareils du quotidien, le site Commentreparer.com en français qui fournit des adresses pour obtenir des pièces détachées, et tout-electromenager.fr, un forum de réparation.

Par ailleurs, le CEC souhaite que l’Union Européenne examine ce problème.