New York recense plus de cas de covid-19 que n’importe quel pays dans le monde

Reuters

Selon les derniers chiffres officiels, l’État de New York compte désormais plus de cas de coronavirus que tout autre pays, à l’exception bien sûr des États-Unis. Des images de cercueils enterrés dans une fosse commune provoquent désormais l’émoi.

Le nombre de cas confirmés de covid-19 dans l’État a augmenté de 10.000 jeudi pour atteindre les 159.937 contaminés. New York devance ainsi l’Espagne et ses 153.222 cas et l’Italie et ses 143.626 personnes infectées, à l’heure d’écrire ces lignes. À titre de comparaison, la Chine a signalé un total de 82.924 cas à ce jour.

Les États-Unis dans leur ensemble ont détecté 462.299 cas et enregistré près de 16.500 décès. Au niveau mondial, on compte 1,6 million de cas et 95.745 décès.

Il faut toutefois s’armer de prudence concernant les chiffres officiels, puisque le nombre de tests effectués diffèrent d’un pays à l’autre, sans de véritable consensus. À ce niveau, les États-Unis ont mis les bouchées doubles pour rattraper leur retard.

Donald Trump avait ainsi déclaré fin mars que plus d’un million de personnes ont été testées. Il s’appuie sur les chiffres du secrétaire d’Etat à la Santé, Alex Azar, qui a affirmé que près de 100.000 tests étaient effectués par jour aux États-Unis. Et l’administration Trump vient de donner l’autorisation aux pharmacies d’effectuer des tests de dépistage ainsi que de sérologie afin de détecter si une personne a déjà été infectée.

Décès

L’État de New York est bien le premier ‘État’ au monde en termes de cas confirmés, mais son bilan (environ 7.000 décès) reste encore bien inférieur à celui de l’Espagne (15.447) et de l’Italie (18.279) concernant les décès. Il est toutefois plus de deux fois supérieur au nombre de victimes officiellement comptabilisées en Chine, même si celui-ci est souvent remis en question.

Mercredi, New York a cependant enregistré un nouveau record en trois jours du nombre de décès dus au coronavirus (799 victimes). Mais le gouverneur Andrew Cuomo n’a pas voulu perdre espoir et s’est réjoui de la baisse du nombre de patients admis dans les hôpitaux (200) pour un deuxième jour consécutif.

Un ambulancier amène un patient dans une tente de triage installée à l’extérieur des urgences du centre médical Maimonides à Brooklyn, New York. (EPA-EFE/JUSTIN LANE)

Selon lui, il s’agit là d’une preuve que les mesures de distanciation sociale fonctionnent.

Une autre lueur d’espoir a été annoncée jeudi: les projections officielles du nombre de morts dans tout le pays ont été revues à la baisse.

Fosse commune

Vendredi, des images d’un drone montrant des cercueils enterrés dans une fosse commune à New York provoquent l’émoi. On peut y voir des travailleurs en tenue de protection descendre dans une énorme fosse où les cercueils sont empilés.

L’endroit se situe à Hart Island, utilisée depuis plus de 150 ans par les autorités pour enterrer massivement les défunts n’ayant ni proches ou les moyens de s’offrir des funérailles.

Les enterrements sur le site se sont toutefois multipliés au cours de la pandémie. Les opérations qui y sont effectuées sont passées d’un jour par semaine à cinq jours par semaine, selon le Department of Corrections.

Ce sont généralement les prisonniers de Rikers Island, le principal complexe pénitentiaire de la ville, qui se chargent des enterrements. Mais le fardeau est tel que le travail a récemment été pris en main par des contractants.

Le maire de New York, Bill de Blasio, déclarait en début de semaine que des ‘enterrements temporaires’ pourraient être nécessaires jusqu’à la fin de la crise. ‘De toute évidence, l’endroit que nous avons utilisé historiquement est Hart Island’, a-t-il indiqué.

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