Netflix à l’assaut du continent africain pour sa nouvelle stratégie

L’actrice Pearl Thusi dans ‘Queen Sono’. (Netflix / Courtesy Everett Collection)

La plateforme américaine vient de sortir sa toute première production originale africaine: Queen Sono. De nombreuses autres devraient suivre pour permettre à Netflix de trouver de nouveaux publics.

Mieux vaut tard que jamais, Netflix s’est finalement décidé à sortir un contenu original issu du continent africain, le dernier sur sa liste visiblement. Installée sur le continent depuis 2016, la plateforme se contentait jusqu’alors de racheter des productions comme des films nigérians de Nollywood, sans proposer de contenus originaux locaux.

C’est désormais chose faite: Queen Sono suit les aventures d’une agente secrète sud-africaine (Pearl Thusi) qui n’a pas froid aux yeux pour protéger son pays. Une autre de ses missions: attirer un nouveau public, tant au niveau continental que global.

Pour mettre toutes les chances de son côté, Netflix a misé sur une équipe entièrement locale, précise le site Les Echos. ‘Cette série correspond exactement à ce que nous souhaitions faire: laisser des Africains raconter leurs histoires sur l’Afrique’, explique Dorothy Ghettuba, la productrice kényane à la tête des créations africaines pour la plateforme.

Plusieurs créations en préparation

La série y est disponible depuis le 28 février et sera suivie par une deuxième création sud-africaine cette année, Blood & Waters. Une série nigériane est également en cours de préparation, tout comme un dessin animé retraçant les aventures de quatre super-héroïnes zambiennes.

‘D’habitude, on a vraiment du mal à trouver des financements pour tourner nos idées, surtout pour des projets à grande échelle’, indique Tamsin Andersson, productrice exécutive de Queen Sono. ‘Ce sont souvent des films avec des équipes étrangères qui sont tournés ici. Et là, tout d’un coup, on nous dit qu’on a envie d’entendre nos histoires !’

‘C’est aussi un moyen de produire des contenus de qualité à un moindre coût, car les budgets n’ont pas besoin d’être aussi élevés que pour des productions américaines, et du fait de son statut, Netflix a l’ascendant sur les négociations’, explique Petri Redelinghuys, de Herenya Capital Advisors. En créant des productions originales, Netflix dit également adieu aux lourds problèmes de droits d’auteurs, compliquant souvent la diffusion des saisons les plus récentes.

Une Afrique séduisante

Si Netflix se met soudainement à investir dans les productions locales, ce n’est pas par pure prise de conscience. Le continent africain aurait beaucoup à lui offrir: les revenus issus de la vidéo à la demande devraient y être multipliés par six d’ici 2025 (Digital TV Research) tandis que la plateforme américaine devrait rafler la plus grosse hausse d’abonnés, visant les 5 millions d’utilisateurs à terme.

Netflix devra toutefois affronter quelques défis, notamment les habitudes des Africains (qui regarderaient les contenus davantage sur smartphone), le coût élevé des données mobiles, son principal concurrent, le sud-africain Multichoice qui a déjà demandé à ce que Netflix soit mieux encadré, mais aussi les contenus de TV5 Monde ou Canal + côté francophone.

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