Moody’s : “La Belgique ne parvient pas à réduire sa dette. Et c’est anormal”

Malgré la reprise, l’agence de notation Moody’s a maintenu la cote de crédit de la Belgique, à « Aa3, avec perspective stable ». Elle souligne que l’endettement du pays demeure anormalement élevé, en dépit de la reprise économique. L’agence a salué la politique de réformes menée par le gouvernement Michel, et notamment celle du marché du travail. Elle prévoit que ces mesures permettront de renforcer la demande sur les prochaines années. De plus, la relance dans la zone euro devrait stimuler les exportations belges.

La dette belge, une véritable « anomalie »

Mais la dette publique élevée du pays est qualifiée de « véritable anomalie » par l’agence de notation. Même si la charge d’intérêts n’a pas dérapé, cet endettement est supérieur à celui des pays comparables à la Belgique.L’ex-Premier ministre Guy Verhofstadt était parvenu à contenir la dette, la faisant tomber à moins de 100 % du PIB. Mais à la faveur de la crise économique, ce niveau est remonté 106 % en 2015. Et malgré le retour de la croissance, il ne baisse pas.Pourtant, notre pays ne manque pas d’atouts. Il dispose d’une économie dynamique et diversifiée ; la main d’œuvre est qualifiée, et la population est dotée d’un patrimoine élevé.L’agence de rating promet de revoir favorablement la cote de la Belgique en cas de réduction de la dette. Elle préconise au gouvernement de mener une réforme fiscale. Combinée à une hausse de l’activité, celle-ci permettrait en effet d’accélérer le désendettement du pays. Dans le cas contraire, elle avertit que des « tensions sur la cote pourraient apparaître ».

Une croissance plus poussive que les économies comparables

Moody’s prévoit une croissance économique moyenne de 1,3 % entre 2012 et 2021, un rythme moins soutenu que la moyenne des pays ayant une cote « Aa », qui peuvent s’attendre à une croissance moyenne de 2,2 pour cent.De même, l’agence estime que le déficit budgétaire belge pourrait diminuer, pour passer des 2,5 %  de l’année dernière, à 1,3 % cette année.