« Mieux vaut posséder des choses physiques que des dollars »: Elon Musk s’inquiète de la dévaluation du billet vert

Le patron de Tesla s’inquiète de l’inflation galopante et de la dévaluation de la monnaie qui s’en suit. La guerre en Ukraine a fait s’envoler le prix des matières premières qui sont primordiales pour ses entreprises: Tesla et SpaceX.

Nickel, aluminium, palladium. Toutes ces matières premières ont vu leur prix exploser et sont indispensables à la confection de batterie ou de carrosserie pour voiture. Pourtant, les sanctions occidentales n’ont pas encore visé les métaux au contraire du pétrole et du gaz (hors Union européenne qui n’a pas encore franchi ce pas).

À cette contrainte inflationniste s’ajoute bien sûr la contrainte logistique en cours depuis la pandémie, avec les problèmes structurels de la chaine d’approvisionnement et le manque de puces. L’industrie automobile en souffre et Tesla n’y échappe pas. L’action a perdu 25% de sa valeur depuis le début de l’année.

La dévaluation du dollar

Dans une série de tweets, Elon Musk s’est interrogé sur « l’inflation au cours des prochaines années ». Selon lui, « de manière générale, c’est toujours mieux de posséder des choses physiques comme une maison ou des parts dans une société dont vous pensez qu’elle fabrique de bons produits, plutôt que des dollars, quand l’inflation est élevée ».

À bon entendeur. Il indique aussi toujours posséder des bitcoins, des ethers et des dogecoins et dit qu’il ne les vendra pas. Cela peut paraitre un peu paradoxal avec le fait d’affirmer qu’il faille posséder des choses concrètes, mais le dollar perd de sa valeur – et avec le conflit en Ukraine, personne ne sait vraiment jusqu’où et jusque quand ira cette inflation -, mieux vaut donc trouver des alternatives et les crypto-monnaies en sont une.

L’inflation déprécie la monnaie fiduciaire aux profits des matières premières, de l’or et des crypto-monnaies

Aux États-Unis, quelques voix s’élèvent pour mettre en garde sur ce qui se joue actuellement entre l’Occident, la Russie et la Chine. Les sanctions occidentales poussent la Russie à trouver, elle aussi, des alternatives et se détourner du système financier international où le dollar est roi. Selon l’investisseur américain Lawrence Lepard, ce qui se passe actuellement est « un véritable séisme monétaire ». Le seul évènement historique comparable à celui-ci serait la mise en œuvre du deuxième système de Bretton Woods, lorsque le président américain Nixon a retiré le dollar de l’étalon-or en 1971.

Les États-Unis ont toujours eu cet avantage concurrentiel sur les autres : le dollar est le moyen de transactions le plus répandu au monde. Tout le monde doit échanger des biens et des services contre des dollars, alors que la Réserve fédérale américaine peut, elle, simplement imprimer plus de dollars. Or, si l’Occident utilise le dollar comme une arme (via les sanctions), il obligera ses cibles à se détourner de celui-ci. Comment ? Via l’or, les matières premières ou les cryptomonnaies.

Et qu’a fait Poutine dernièrement ? Il a amassé pour son pays d’énormes quantités d’or, tout en bénéficiant, on le sait, d’une quantité gigantesque de ressources naturelles. L’inflation actuelle est vue par Poutine comme un aveu de faiblesse et montrerait que le système basé sur le dollar est devenu insoutenable.

Dans un monde de l’hyper-inflation, la monnaie fiduciaire perd de sa valeur au profit d’actifs réels qui ne sont pas contrôlés par le système financier : l’or, les matières premières et les cryptomonnaies… mais aussi une action et une maison.

Quelque part, Elon Musk et Vladimir Poutine font le même constat: l’inflation met en danger le dollar.

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