Microsoft ferme LinkedIn en Chine. Elle en a marre de la censure sur Internet… mais pas jusqu’à s’en éloigner complètement

Ce jeudi, Microsoft a annoncé qu’elle allait désactiver LinkedIn en Chine. Si la Big Tech américaine ne s’épanche pas sur ce qui a motivé sa décision, les raisons semblent assez claires: le contrôle de l’Internet chinois va trop loin pour elle. Mais tout de même pas assez loin que pour l’éloigner totalement du marché entrepreneurial local.

En Chine, Twitter et Facebook sont bloqués depuis plus de dix ans. Pas de trace d’Instagram non plus. Quant à Google, il s’en est retiré en 2010. En revanche, le réseau social américain LinkedIn y est présent depuis 2014. Mais c’est bientôt de l’histoire ancienne.

Ce jeudi, Microsoft, qui détient la plateforme depuis 2016, a annoncé qu’allait allait fermer LinkedIn en Chine. Dans son communiqué, la société américaine a expliqué être confrontée à « un environnement opérationnel beaucoup plus difficile et à des exigences de conformité plus importantes en Chine ».

Autrement dit, LinkedIn ne veut plus être soumis contrôle de plus en plus sévère du Parti communiste sur l’Internet chinois. Le réseau social préfère s’en aller.

Polémiques

Cette décision semble être la suite logique d’une série d’événements qui ont récemment accru les tensions entre LinkedIn et la Chine. En mars dernier, le régulateur chinois de l’Internet avait ainsi demandé au réseau social de mieux modérer ses contenus. Lui donnant 30 jours pour s’exécuter.

Il y a quelques semaines, le média américain Axios avait révélé que LinkedIn avait bloqué le profil de plusieurs journalistes américains sur la plateforme chinoise, officiellement pour avoir publié du « contenu interdit ». En réalité, les choses étaient claires: le réseau social s’était plié aux ordres du Parti communiste.

En plus de ces journalistes, des chercheurs et des professeurs d’université américains auraient également vu leur profil LinkedIn bloqué en Chine, avait rapporté le Wall Street Journal en juin.

Quand LinkedIn s’était lancé en Chine, il y a sept ans, le réseau social avait indiqué être conscient que cela impliquerait « l’adhésion aux exigences du gouvernement chinois en matière de plateformes Internet », mais qu’elle comptait tout de même tenter le coup parce qu’elle voulait « créer de la valeur pour [ses] membres en Chine et dans le monde entier. » La société avait déclaré « soutenir fermement la liberté d’expression » et avoir établi un ensemble clair de directives « à suivre si jamais elle devait réévaluer sa version localisée en Chine. »

Vraisemblablement, les limites ont été franchies. Excédé de se voir dicter sa politique de modération par les autorités chinoises, LinkedIn a donc décidé de stopper les frais.

Un nouveau réseau en préparation

Notons toutefois que si Microsoft en a eu marre de devoir adapter LinkedIn aux exigences chinoises… il ne compte pas pour autant définitivement disparaître des applications chinoises liées au monde de l’entreprise. En effet, la société américaine a annoncé l’arrivée, dès la fin de l’année, d’une nouvelle plateforme.

Baptisé InJobs, ce site permettra aux Chinois de trouver du travail dans leur pays. Mais la plateforme ne comportera pas de flux social et ne permettra pas à ses utilisateurs de partager du contenu.

« Bien que nous ayons réussi à aider les membres chinois à trouver des emplois et des opportunités économiques, nous n’avons pas trouvé ce même niveau de succès dans les aspects plus sociaux du partage et de l’information », a expliqué Microsoft.

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