Principaux renseignements
- Inquiet d’une éventuelle présidence d’extrême droite, Macron nomme stratégiquement des fidèles à des postes clés au sein du gouvernement.
- Macron vise à préserver son héritage et à atténuer l’impact du programme populiste du Rassemblement national s’il remporte les prochaines élections.
- Les détracteurs affirment que la nomination d’alliés proches pourrait affaiblir la légitimité de ces institutions, alors que Macron cherche à préserver son influence.
Le président français Emmanuel Macron prend des mesures proactives pour atténuer l’impact potentiel d’une présidence d’extrême droite en France. Conscient de la popularité croissante du Rassemblement national, Macron place stratégiquement des fidèles à des postes clés au sein du gouvernement et des institutions. Cela a été déclaré par plusieurs diplomates et ambassadeurs au site d’information européen Politico. Cette initiative vise à préserver son héritage et à empêcher la mise en œuvre du programme populiste du Rassemblement national s’il remporte les prochaines élections présidentielles.
Se prémunir contre les politiques populistes
Les sondages donnant le Rassemblement national en tête, Macron s’inquiète de la possibilité que ce parti annule ses réformes économiques et réduise les engagements de la France envers l’UE et l’OTAN. Il considère cette action préventive comme cruciale pour assurer la stabilité dans un contexte d’incertitudes mondiales liées à l’agression de la Russie et à la politique étrangère imprévisible des États-Unis.
Les mesures prises par Macron vont au-delà des nominations habituelles en fin de mandat. Il a déjà nommé un allié de confiance au poste de grand auditeur de la République, malgré des allégations de conflit d’intérêts. Un remaniement complet est en cours au ministère des Affaires étrangères, avec plus de 60 ambassades, dont celles de Washington, Londres, Berlin et Kiev, qui devraient accueillir de nouveaux ambassadeurs dans les mois à venir.
Des nominations stratégiques pour exercer une influence
En outre, la décision de Macron de remplacer le général en chef de l’armée française l’été dernier était en partie motivée par le désir d’avoir une voix forte capable de résister aux directives potentielles du Rassemblement national, telles que le retrait du commandement intégré de l’OTAN. La nomination d’alliés expérimentés à ces postes vise à garantir le respect et à contrer les propositions controversées.
Si ces nominations sont considérées comme des garanties nécessaires contre un éventuel bouleversement institutionnel, elles soulèvent également des inquiétudes quant à l’indépendance et à la neutralité perçues. Les détracteurs affirment que la nomination d’alliés proches pourrait affaiblir la légitimité de ces institutions. Certains spéculent que Macron pourrait manœuvrer pour un retour en politique en 2032, bien qu’il ne soit pas éligible pour un troisième mandat consécutif.
Inquiétudes quant à la légitimité institutionnelle
Le Rassemblement national a dénoncé les actions de Macron comme étant des tentatives « illibérales » visant à maintenir le contrôle sur les institutions françaises. Bardella, leur candidat potentiel à la présidence, a accusé Macron d’essayer de « verrouiller » les institutions du pays avant de quitter ses fonctions.
Les nominations de Macron ont déjà suscité la controverse. Il a été critiqué pour avoir nommé un allié politique ayant une expérience juridique limitée à la tête de la plus haute autorité constitutionnelle française et pour avoir désigné Stéphane Séjourné, un proche collaborateur, comme représentant de la France à la Commission européenne en 2024.
Relever les défis à venir
Malgré les efforts de Macron, le prochain président français devra relever des défis importants pour naviguer dans le cadre institutionnel existant. Les experts reconnaissent que si ces nominations ne garantissent pas l’héritage de Macron, elles limiteront sans aucun doute le pouvoir exécutif d’un éventuel leader du Rassemblement national.
À l’avenir, Macron devra procéder à d’autres nominations cruciales, notamment celle d’un nouveau président du Conseil d’État, un organe puissant qui conseille le gouvernement sur les questions juridiques et tranche les litiges entre les citoyens et l’État. Cette nomination sera particulièrement délicate compte tenu du rôle du Conseil dans le traitement des questions liées à l’immigration, à l’ordre public et à la police, tous des sujets très controversés.
Contexte européen plus large
Sur la scène européenne, les négociations sur le prochain budget septennal de l’UE devraient aboutir avant 2027. En outre, les discussions concernant le renouvellement du mandat d’António Costa à la présidence du Conseil européen auront probablement lieu peu après l’élection présidentielle française, ce qui pourrait créer des complexités politiques supplémentaires pour Macron et ses successeurs.
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