L’Ukraine riposte, mais n’est pas prête de crier victoire de sitôt

Ces derniers jours, les rôles dans le nord de l’Ukraine semblent s’être inversés. Plusieurs villes et villages ont été repris à l’agresseur russe, qui semble avoir retiré une partie de ses troupes, reparties en direction de la Russie et de son vassal biélorusse. Néanmoins, surtout dans le sud du pays, il est préférable d’être vigilant quant aux dernières nouvelles.

La situation dans et autour de la capitale ukrainienne, Kiev, semble plus prometteuse pour les défenseurs. Lundi 21 mars, l’armée ukrainienne a pu s’emparer de la ville de Makariv, ce qui a temporairement mis fin à l’encerclement de Kiev par les troupes russes. Désormais, les combattants ukrainiens ont également conquis d’autres banlieues au nord-ouest de la capitale, ce qui signifie que la menace la plus urgente dans l’ouest s’estompe petit à petit.

Le village d’Astérix

Ces informations sont complétées par des rapports sur le retrait des troupes russes. L’état-major de l’armée ukrainienne a signalé qu’un important convoi russe traversait Ivankiv, en direction de la frontière avec le Belarus. Les occupants de Tchernobyl et de l’ancienne centrale nucléaire du même nom devaient également partir. Une situation similaire peut être observée à l’est de Kiev, où les Ukrainiens se battent pour les villes de Tchernihiv et de Semy depuis le début de l’invasion. Cette dernière ville est à nouveau reliée par voie terrestre (et routière) au reste de l’Ukraine : l’encerclement russe semble avoir été brisé, et la conquête de la ville n’a pas eu lieu. Tchernihiv reste également aux mains des Ukrainiens, tandis que l’avancée russe vers Brovary, une autre banlieue de Kiev, est actuellement freinée.

Pourtant, il n’y a pas que des bonnes nouvelles. Dans le sud du pays, la Russie a déjà gagné beaucoup de terrain, et un pont terrestre entre la Crimée et les États voyous pro-russes du Donbas est un fait. Entre les deux se trouve Marioupol, qui, dans le plus pur style du village d’Astérix, résiste encore et toujours à l’envahisseur russe.

Reculer pour mieux sauter

Mais cela semble n’être qu’une question de jours. La Russie déploie de plus en plus de troupes autour de Marioupol, et pourrait déjà avoir conquis une grande partie de la ville. La question n’est plus de savoir si la ville peut tenir le coup, mais plutôt combien de temps.

En outre, il convient de faire un commentaire important sur la « retraite » russe dans le nord. Le proverbe français « reculer pour mieux sauter » s’applique peut-être dans ce cas : la Russie se retire, regroupe ses forces, les complète et attaque plus fort que jamais. Pourtant, un repositionnement des troupes russes semble également s’imposer.

Au cours des négociations de paix de la semaine dernière, le Kremlin a annoncé qu’il retirerait certaines troupes de la région autour de Kiev afin d’alléger la pression sur la table des négociations. Aujourd’hui, il semble joindre le geste à la parole, mais avec une approche différente : le front autour de Kiev semblant trop difficile à gagner, la Russie peut désormais se concentrer sur le but de l' »opération militaire spéciale » : la libération de la région de Donbas.

Les troupes qui quittent le nord peuvent ainsi être libérées pour le front de Donbass. Il reste à voir si les troupes ukrainiennes peuvent faire face à cet afflux supplémentaire de soldats russes.

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