L’Ukraine arnaquée ? Elle avait acheté plus de 200 drones français, elle en a reçu… 6

Si l’Ukraine reçoit du matériel militaire en masse depuis fin février, toutes les livraisons n’aboutissent pas. Alors qu’elle lorgnait – et avait déjà payé pour – plus de 200 drones conçus par une société française, elle n’en a reçu qu’une poignée.

Taras Troiak, un homme d’affaires ukrainien chargé de commander des drones pour l’armée, a-t-il été victime d’une arnaque ? L’histoire qu’il raconte à la chaîne TVN24 y ressemble, en tout cas. Intéressé par les drones Parrot Anafi USA (conçus par la firme française mais fabriqués aux États-Unis), il avait été invité par Parrot à prendre langue avec un distributeur polonais de premier plan.

Après un échange de mails avec un représentant de la société polonaise, M. Troiak en est convaincu: il vient de commander 206 drones à destination de l’armée ukrainienne. « L’idée était d’envoyer des yeux volants aux soldats combattant sur les lignes de front », raconte-t-il. Montant de l’opération: 1,5 million d’euros, issus d’une collecte de fonds caritative.

6 drones livrés sur 200 et remboursement incomplet

Techniquement, sur les 206 drones commandés par M. Troiak, 6 doivent être livrés par la société polonaise de renom, 200 par une autre, plus obscure, du nom de Level 11. C’est l’entremetteur polonais qui devait s’en occuper. Et c’est là que ça a dérapé

Si les 6 premiers drones ont bien été livrés en Ukraine, les 200 autres ne l’ont jamais été. L’homme d’affaires ukrainien a alors exigé le remboursement du million et demi d’euros qu’il avait avancé. Et il n’en a récupéré que 900.000. Autrement dit, Level 11 lui devrait toujours un demi million d’euros.

Invité à s’expliquer, le patron de Level 11, a déclaré qu’il était impossible de finaliser la transaction « en raison de l’incapacité de la société ukrainienne à fournir tous les documents nécessaires énumérés dans l’offre. » La société elle-même « n’a commis aucun acte de non-fonctionnement », a-t-il ajouté.

Level 11 a assuré être entré en contact avec l’ambassade ukrainienne à Varsovie pour clarifier la situation. De son côté, M. Troiak envisage d’intenter une action en justice. L’entremetteur polonais a quant à lui été licencié par la première société.

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