L’UE prépare une liste record de 250 sanctions individuelles contre la Russie


Principaux renseignements

  • L’UE prévoit une liste de sanctions sans précédent visant 250 personnes et entités russes.
  • Des désaccords internes retardent l’adoption de sanctions économiques plus larges et le financement militaire essentiel.
  • La Lituanie demande instamment que les promesses politiques soient rapidement traduites en ressources concrètes en matière de sécurité.

En réponse aux attaques russes contre des non-combattants, l’Union européenne s’apprête à autoriser un ensemble sans précédent de sanctions individuelles. Selon un reportage de Suspilne, cette liste comprend 250 personnes et entités visées, ce qui en fait le groupe le plus vaste de désignations individuelles jamais proposé par l’UE.

Kaja Kallas, haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a indiqué lors d’une session du Conseil des affaires étrangères que, bien qu’un 21e paquet de sanctions plus large soit encore en discussion, les États membres ont l’intention d’approuver immédiatement ces restrictions individuelles spécifiques.

Frictions internes concernant les sanctions économiques

Cependant, des frictions internes continuent d’entraver l’adoption de sanctions économiques plus larges. Kęstutis Budrys, ministre des Affaires étrangères de la Lituanie, a fait remarquer qu’aucun consensus n’avait encore été trouvé sur le 21e paquet global.

Vilnius milite actuellement pour l’inclusion de géants énergétiques soutenus par l’État tels que Lukoil et Rosatom, ainsi que pour des contrôles plus stricts sur les services professionnels et le transbordement de gaz naturel liquéfié. Budrys a souligné que les objectifs essentiels en matière de sécurité devaient primer sur les gains commerciaux.

Aide militaire

Au-delà des sanctions, l’UE fait l’objet de critiques concernant la lenteur de sa gestion de l’intégration de l’Ukraine et de son soutien militaire. Budrys a exprimé sa frustration face à la lenteur des progrès des négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE, soulignant que la plupart des volets de négociation ont été reportés à l’automne.

De plus, un fonds de défense de 6,6 milliards d’euros provenant de la Facilité européenne pour la paix reste gelé. Il a fait valoir qu’il n’y avait aucune justification valable à ces blocages administratifs, qui, selon lui, compromettent la stabilité européenne.

Traduire les promesses en moyens concrets sur le terrain

Ces hésitations internes contrastent avec les engagements pris lors du sommet de l’OTAN à Ankara, où les membres avaient promis 70 milliards d’euros d’aide à la sécurité pour l’Ukraine, tant pour l’année en cours que pour les années suivantes. Budrys a souligné la nécessité de traduire ces promesses politiques en ressources concrètes sur le terrain.

La Russie s’attaquant fréquemment aux infrastructures énergétiques ukrainiennes, il a appelé à la livraison urgente de transformateurs, de générateurs et de matériel d’ingénierie avant l’arrivée de l’hiver.

Frapper la Russie sur le plan financier

Parallèlement, les projets visant à élargir les restrictions commerciales sont encore en cours d’affinage, l’objectif principal étant d’affaiblir la stabilité financière de la Russie. Ces mesures proposées cibleraient environ 90 banques supplémentaires et imposeraient des limites rigoureuses aux mouvements de cryptomonnaies, ce qui pourrait isoler plus de la moitié des institutions financières russes qui entretiennent encore des liens internationaux. (fc)

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