Alors que la Turquie attend toujours l’autorisation officielle, ses F-35 sont déjà entreposés dans un hangar


Principaux renseignements

  • La Turquie réintégrera le programme F-35 des États-Unis en cédant ses batteries S-400 aux Émirats arabes unis.
  • Six avions de combat actuellement entreposés devraient arriver à Ankara d’ici fin 2026.
  • Ce réalignement stratégique renforce le flanc oriental de l’OTAN et permet aux États-Unis de recentrer leur attention sur l’Asie.

Les développements récents suggèrent que les États-Unis et la Turquie ont surmonté les obstacles diplomatiques, ouvrant ainsi la voie au retour d’Ankara dans le programme d’avions de cinquième génération F-35. Pour permettre cette transition, des informations indiquent que la Turquie va transférer ses batteries de défense aérienne S-400 de fabrication russe vers les Émirats arabes unis.

Six avions en approche

En conséquence, l’armée de l’air turque devrait prendre possession de ses six premiers avions de combat d’ici fin 2026.

Ces six appareils sont stockés aux États-Unis depuis plus de sept ans, alors que leur date de livraison initiale était prévue pour 2020. La décision de Washington de conserver ces avions plutôt que de les vendre à d’autres pays en attente suggère une stratégie à long terme visant à reprendre à terme les contrats d’acquisition avec la Turquie.

Le rôle de la Turquie

La participation de la Turquie au projet a débuté en 2002 en tant que l’un des neuf partenaires fondateurs, avec une contribution d’environ 1,4 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros) à la création de l’avion. La stratégie de défense nationale prévoyait initialement l’achat de 130 avions F-35A.

De plus, plusieurs entreprises turques, dont Roketsan et Turkish Aerospace Industries, faisaient partie intégrante de la chaîne d’approvisionnement, produisant un large éventail d’écrans de cockpit, de composants de moteur et de pièces structurelles. La Turquie était particulièrement appréciée pour sa capacité à fournir des composants à forte intensité de main-d’œuvre à un coût inférieur à celui des autres alliés de l’OTAN.

Le conflit autour du S-400

Alors que le premier F-35A avait été officiellement attribué à la Turquie en juin 2018, il est resté aux États-Unis pour la formation des pilotes. À la mi-2019, six avions étaient prêts et les aviateurs turcs s’entraînaient en Arizona. Cependant, ces progrès ont été interrompus en juillet 2019 après l’acquisition par la Turquie du système S-400, ce qui a entraîné l’expulsion des pilotes turcs, la fin des partenariats industriels et le gel de toutes les livraisons d’avions.

Le gouvernement américain a conservé la propriété des six avions achevés, les intégrant à sa propre flotte au lieu de les céder à différents acheteurs internationaux.

L’évolution géopolitique

Comme ces avions ont été construits selon les spécifications turques avant l’entrée en vigueur des sanctions, ils peuvent être transférés rapidement. La réintégration de la Turquie dans le programme et le remplacement de sa flotte vieillissante de F-16C/D renforceront considérablement les capacités aériennes de l’OTAN au Moyen-Orient et en Europe de l’Est. Ce changement stratégique accroît la pression militaire sur l’Iran et la Russie, tout en permettant aux États-Unis de recentrer leur stratégie et leurs ressources sur la région Asie-Pacifique. (fc)

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