Principaux renseignements
- L’UE et le Mexique ont modernisé leur accord commercial afin de diversifier leurs relations et de réduire leur dépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Chine.
- L’élargissement de l’accès au marché stimule les exportations de machines européennes et de produits agricoles mexicains.
- Les tarifs stratégiques protègent les agriculteurs européens afin d’éviter toute opposition politique au niveau national.
Les dirigeants européens Ursula von der Leyen et António Costa ont conclu vendredi un accord commercial modernisé avec le Mexique. Cet accord constitue une mise à jour majeure d’un pacte conclu il y a vingt ans. L’accord, signé lors d’un sommet à Mexico en présence de la présidente Claudia Sheinbaum, constitue une étape stratégique pour l’Union européenne visant à renforcer ses liens avec l’Amérique latine. Cette initiative fait suite à la mise en œuvre récente de l’accord avec le Mercosur.
Diversification stratégique
L’UE et le Mexique s’efforcent tous deux de réduire leur dépendance excessive vis-à-vis de la Chine et des États-Unis. Bien que les États-Unis restent le principal partenaire commercial des deux parties, la montée du protectionnisme à Washington a conduit à la recherche d’alternatives plus stables. Dans le même temps, le Mexique est devenu un centre important pour la production chinoise de véhicules électriques, ce qui a incité l’UE à renforcer sa présence économique dans la région.
Accord commercial
L’accord révisé élargit l’accès au marché pour divers secteurs. Les exportateurs européens trouveront de nouvelles opportunités pour les machines, les produits pharmaceutiques et les produits agroalimentaires, notamment les pâtes, les produits laitiers et la viande de porc. À l’inverse, les producteurs mexicains de sirop d’agave, de chocolat, de café et de fruits bénéficieront d’un meilleur accès aux marchés européens. En outre, l’accord assure la protection de centaines d’indications géographiques pour les deux régions et ouvre des possibilités en matière de marchés publics.
Renforcement des liens économiques et de l’envergure
Les échanges bilatéraux de marchandises dans le cadre de ce partenariat atteindront 86,8 milliards d’euros en 2025. Bien que ce chiffre soit insignifiant par rapport à l’énorme volume des échanges commerciaux entre le Mexique et les États-Unis, la présence de l’UE reste néanmoins importante. Plus de 43 000 entreprises européennes exportent vers le Mexique et 11 000 y sont implantées. Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, a souligné que ce partenariat représentait un engagement en faveur de l’ouverture dans une période d’instabilité mondiale.
Avec cet accord, l’UE entend contrer l’influence croissante de la Chine dans l’hémisphère occidental. Un haut fonctionnaire de l’UE a fait remarquer que les accords commerciaux préférentiels couvrent désormais 97 % du PIB des Caraïbes et de l’Amérique latine.
Les risques politiques et agricoles
Afin d’éviter les troubles politiques internes qui ont entaché l’accord du Mercosur, Bruxelles a conçu l’accord avec le Mexique différemment. En recourant à des contingents tarifaires pour limiter les importations de produits agricoles sensibles, l’UE espère éviter les contestations juridiques et la résistance de l’opinion publique qui ont entravé les précédentes initiatives commerciales avec l’Amérique latine. (ev)
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