L’UE mise sur des accords commerciaux avec la Chine pour combler le déficit d’importations


Principaux renseignements

  • Les responsables de l’UE négocient actuellement des restrictions sur les importations chinoises afin de remédier à un déséquilibre commercial.
  • Les restrictions à l’importation de voitures hybrides visent à protéger les constructeurs automobiles européens contre des pertes massives.
  • Une pression diplomatique concertée rend Pékin plus réceptif à ces accords commerciaux.

Les responsables de l’UE s’efforcent de conclure des accords avec Pékin afin de limiter l’afflux de produits importés de Chine dans des secteurs tels que les médicaments, les machines et les produits chimiques. Cette initiative intervient alors que l’Union européenne est confrontée à un déséquilibre commercial qui a atteint des niveaux critiques. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié ce déséquilibre actuel d’insoutenable.

L’impact économique

Le déficit commercial des biens a dépassé les 370 milliards d’euros en 2025 et devrait franchir la barre des 400 milliards d’euros cette année. Cette pression économique, qualifiée par les dirigeants industriels de «China Shock 2.0», entraîne déjà des licenciements massifs et des fermetures d’usines, comme en témoigne la suppression prévue de 100 000 emplois chez Volkswagen.

Le secteur automobile dans le collimateur

Parmi les efforts récents visant à stabiliser le marché figure un accord conclu par le commissaire européen au commerce, Maros Sefcovic, visant à réduire de plus de 50 % les importations de voitures hybrides chinoises. Cette mesure spécifique a pour but de protéger les constructeurs automobiles européens contre une perte qui s’élève actuellement à plus d’un milliard d’euros par jour. Selon la ministre irlandaise des Affaires étrangères, Helen McEntee, ces premières discussions jettent les bases d’une extension de restrictions similaires à d’autres secteurs industriels.

L’équilibre à trouver

La situation place l’UE face à un dilemme, car elle doit trouver un équilibre entre l’avantage que représentent pour les consommateurs les produits chinois abordables et subventionnés par l’État, et la nécessité de redynamiser l’industrie manufacturière nationale. Alors que la Chine soutient qu’elle contribue à résoudre ces problèmes plutôt qu’elle n’en est la cause, les ministres de l’UE se montrent de plus en plus fermes.

Un front diplomatique uni

Le vice-ministre grec des Affaires étrangères, Haris Theoharis, a fait remarquer que, si les efforts diplomatiques précédents avaient souvent échoué, les dialogues actuels s’avèrent plus prometteurs, même si toutes les options stratégiques restent sur la table. De même, le secrétaire d’État français au Commerce, Nicolas Forissier, a laissé entendre que la Chine se montrait plus réceptive aux négociations maintenant que l’UE présente un front uni et ferme. (ev)

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